Maxine goes to Hollywood. Los Angeles, dans les années 80. Star de films pour adultes et aspirante actrice, elle décroche enfin le rôle de ses rêves. Mais alors qu’un mystérieux tueur traque les starlettes de l’usine à rêves, des indices sanglants menacent de dévoiler son sombre passé.
Avec ses trois X, MaXXXine marque le troisième chapitre de ce qui est pour le moment une trilogie, et jusqu’ici tout va bien. Ti West poursuit sur la même lancée que ses deux précédents, avec une assurance et des moyens accrus, et toujours la même propension à revisiter le passé. X avait commencé à la fin des années 70 en racontant l’irruption d’une équipe de tournage de film X dans une ferme au fin fond du Texas. Avec un gros clin d’œil à Massacre à la tronçonneuse, Ti West affirmait son attirance pour la recréation d’esthétiques particulières selon les genres et les époques. Dans la foulée, et pressés par les circonstances, West et sa muse Mia Goth ont imaginé et réalisé une prequel racontant 60 ans plus tôt l’origine de la fermière meurtrière, alors qu’elle s’éveillait à la libido et à la soif de célébrité. Ainsi est née Pearl, dans un style proche des mélos en technicolor. Avec ce troisième épisode, situé à Los Angeles en 1985, Maxine est trentenaire et cherche à faire la transition du X au cinéma normal. À l’issue d’une audition tendue, sa motivation lui vaut d’être retenue pour le premier rôle d’un film de possession The puritan II, sous la direction d’une réalisatrice britannique féministe et déterminée. Au même moment, la ville est secouée par une vague de meurtres en série attribuée à un «rôdeur de minuit» qui semble cibler les actrices de X, avec pour effet incident d’exacerber les manifestations de puritanisme contre le sexe et la violence.
C’est dans ce contexte inspiré de la réalité que Maxine s’épanouit, stimulée plutôt que découragée par l’adversité, puisant dans son ambition sans limites un moyen d’échapper à un passé religieux étouffant. L’histoire, qui se suffit à elle-même, fonctionne encore mieux avec les références aux épisodes précédents suggérés en filigrane. C’est le cas lorsque le tournage de The puritan II demande qu’une empreinte soit faite de la tête de Maxine. La fiction et la réalité se rejoignent alors, sachant que Goth a dû revêtir une prothèse du visage en latex pour jouer la vieille harpie dans X, et le flash-back suggère que l’expérience a été éprouvante. West s’amuse beaucoup avec l’époque, peut-être encore plus que dans ses précédents, en multipliant les clins d’œil aux figures de style visuels ou musicaux, et en convoquant tout le cirque touristique lié à la mythologie hollywoodienne, depuis le boulevard avec son trottoir étoilé et ses imitateurs de stars jusqu’aux coulisses des studios. C’est l’occasion d’une visite du motel Bates et de la maison de Psychose, sans oublier le signe Hollywood qui sert de décor à une scène cruciale. On n’est pas encore au niveau de Tarantino, mais quand Ti West pratique le cinéma de genre, il surpasse la provoc stérile d’Eli Roth, avec un équilibre assez juste entre hommage et efficacité: quand il s’agit d’être intense, il assure sans problème.
Et il a eu les moyens de s’entourer d’une enviable brochette d’interprètes qui tirent le meilleur de leurs apparitions respectives, aussi brèves soient-elles: dans le rôle des détectives mal assortis, Michelle Monaghan est l’intuitive qui subodore que les meurtres ne sont pas tous commis par le même tueur, tandis que Bobby Cannavale se prend des râteaux à chaque fois qu’il essaie de se faire passer pour un dur à cuire. Kevin Bacon joue un détective privé visqueux et fourbe dont l’accent sudiste sera mieux apprécié en VO, et il fait une rencontre mémorable bien que malheureuse avec Giancarlo Esposito, très suave en agent perruqué et particulièrement dévoué. Dans le rôle de la réalisatrice pionnière au nom implicite (Bender), Elizabeth Debicki joue une sorte de mentor pour Maxine, et ses conseils pour s’affirmer en tant que star et en tant que femme peuvent aussi bien s’appliquer à Mia Goth auquel ce rôle va comme un gant. On lui souhaite de continuer avec le même succès.
3.0 out of 5.0 stars31 juillet 2024 en salle | 1h 44min | Epouvante-horreur De Ti West | Par Ti West Avec Elizabeth Debicki, Michelle Monaghan, Mia Goth |



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