Dans une région rurale de l’Inde où depuis des années la population féminine est décimée, Ramcharan essaie désespérément de marier ses cinq fils. Non loin de là, un pauvre paysan cache son bien le plus précieux : Kalki, sa fille de seize ans, véritable beauté. Alerté par un de ses amis, Ramcharan achète Kalki à prix d’or et la destine officiellement à l’aîné de ses fils. La noce célébrée, la jeune fille se retrouve livrée au désir des cinq frères et de leur père. Avec Maturbhoomi, un monde sans femmes, Manish Jha tente avec audace et sincérité de scruter le malaise d’une Inde où élever une fille revient à arroser le jardin de son voisin. Car, en effet, naître fille en Inde est encore considéré comme une calamité. Dès le départ, le réalisateur, soucieux de faire passer son message inquiet, utilise des recours stylistiques assez paradoxaux, allant même jusqu’à employer une forme d’humour gras et scatologique pour tourner en dérision le peuple décrit. Seulement, dès lors qu’il s’attarde sur le personnage de Kalki, beauté divine, battue, violée, séquestrée, qui n’a plus les moyens de lutter contre la tyrannie ambiante, Jha bascule dans le tragique.
L’apparente innocuité du style est donc démentie par de nécessaires touches de cruauté. La schématisation de l’intrigue peut échauder. Pourtant, il se dégage de cette histoire une intensité réelle et une volonté de ne pas céder à la fresque kitsch plutôt appréciable. En contrepoint à un prologue terrible (la mort d’un nouveau-né), Jha montre dans un dénouement presque apaisant la naissance d’une petite fille. Son cri est alors un cri souffrance en signe de révolte contre la barbarie des hommes. Par des moyens simples et des images marquantes, ce petit film tente de faire évoluer les mentalités tout en dressant un bilan catastrophique sur la misère sociale, sexuelle et affective. C’est osé, radical et efficace même si le traitement narratif manque un peu de rigueur.
[CRITIQUE] Matrubhoomi, un monde sans femmes de Manish Jha
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