[CRITIQUE] MANDY de Panos Cosmatos

NicolasCagexploitation. Pacific Northwest, 1983. Red Miller et Mandy Bloom mènent une existence paisible et empreinte d’amour. Quand leur refuge entouré de pinèdes est sauvagement détruit par les membres d’une secte dirigée par le sadique Jérémie Sand, Red est catapulté dans un voyage fantasmagorique marqué par la vengeance, le sang et le feu…

Sensation de tous les festivals dans lesquels il a été programmé (Sundance, Cannes, L’Etrange, Gerardmer) mais finalement privé de distribution en salles, Mandy de Panos Cosmatos débarque par surprise sur Netflix en 2021 trois ans après sa réalisation. L’occasion de revenir une nouvelle fois sur une œuvre clivante, instantanément culte pour les uns, absolument ridicule pour les autres. Si ce film a bénéficié d’une aura surnaturelle au cours de l’année 2018, il le doit en partie à son concept aussi simple qu’alléchant: un revenge movie ultra esthétique (en forme de trip sous LSD) dans lequel Nicolas Cage massacre les hippies sectaires ayant brûlé vive sa petite amie. Ajoutons que la présence derrière la caméra de Panos Cosmatos attirait la curiosité des nostalgiques des années 1980. Lui, le fils de George Cosmatos – auteur de Rambo 2: La Mission et Cobra – et réalisateur de Beyond The Black Rainbow en 2010. Un premier film étrange, certes un peu vain mais préfigurant la vague retro eighties qui déferlera dans le paysage cinématographie des années 2010.

Avec Mandy, Panos Cosmatos n’évolue pas d’un iota, la formule reste la même: un cinéma référencé et maniériste, vainement fastueux tout en restant agréable à regarder, l’atout en or étant cette fois Nicolas Cage pour faire décoller le film de son déroulement programmatique. Soit une succession de tableaux esthétiques, surréalistes et violents, picorant ses idées visuelles chez Dario Argento et Alejandro Jodorowsky. Dans la retenue, effacé lors de la première partie du film (la moins bonne), Cage part ensuite dans une transe vengeresse et hallucinée jusqu’à son ultime seconde et un regard caméra dément. Le scénario presque inexistant offre un espace de liberté à la mesure du jeu tout en folie de l’ex-star hollywoodienne. Et Mandy voit enfin ses filtres chromatiques de bon élève baver et déborder. On conseillera aux non-initiés à la filmographie de Nicolas Cage de se lancer dans le grand bain avec ce sympathique Mandy, avant de rentrer dans le vif du sujet avec des œuvres autrement plus chaos comme Arizona Junior, Sailor et Lula, Volte/Face ou Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans. M.B.

LE CULTE EST AILLEURS
Mais quel est donc ce sublime morceau que l’on entend lors du générique de début de Mandy? Ne shazamez plus, c’est Starless de King Crimson, groupe de rock progressif britannique qui avec des albums tels que In the Court of the Crimson King (1969) ou Red (1974), est considéré comme l’un des représentants majeurs de cette mouvance. Rien que pour ce morceau, l’expérience en vaut la peine.

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2h 01min / Action, Thriller / De Panos Cosmatos / Avec Nicolas Cage, Andrea Riseborough, Linus Roache / Nationalités américain, belge[CRITIQUE] MANDY de Panos Cosmatos
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