Au fait, on a vu « M3GAN »

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Pas vraiment du genre à jouer dans la cour du fun, Blumhouse a sorti le film M3GAN comme on sort une carte joker: en un trailer, le film retourne les Internets, et l’androïde meurtrière aux dances moves aussi souples que ceux de Britney Spears devient instantanément virale (en particulier auprès du public gay, grand amateur de filles folles et meurtrières). Le plus étonnant, c’est qu’à l’inverse de Malignant, balancé comme un bidule béton alors qu’il s’est avéré plus proche d’une pantalonnade de vidéoclub, M3GAN semble bel et bien avoir été vendu comme une belle connerie à ne surtout pas prendre au sérieux. Et la promo bien décidée à en rajouter une couche, entre un affrontement virtuel entre Chucky et sa nouvelle rivale ou Mister Blumhouse débarquant fagoté comme sa poupée de malheur au milieu d’une armée de danseuses enfarinées. Too much chaos, on vous dit.

Chose promise, chose due: bien préparé à la chose, M3GAN nous en donne bel et bien pour notre argent malgré une censure pg-13 censée ratisser large (car oui, la version salle est cut, comme au bon vieux temps). Soit l’histoire d’une orpheline, recueillie par sa tante inventrice dans l’âme (elle peut construire l’androïde le plus perfectionné de tous les temps, mais n’arrive pas à développer un sous-Furby), se voit offrir le prototype M3GAN, un super jouet à l’IA étonnement développé pour une boite en fer construite au fond d’un garage. Un robot si évolué et si pressé de tout prendre au pied de la lettre, que la moindre agression extérieure va vite lui donner envie de jouer les gardes du corps avec la gamine ou de lui chanter du Sia à l’occasion. On connaît la suite, bien sûr…

Plus qu’au Jeu d’enfant premier du nom (Tom Holland, 1988), on pense beaucoup à la version de 2019 (Child’s Play: La Poupée du mal, de Lars Klevberg) qui tentait un reboot non surnaturel de la poupée pompante. Une assez chouette réussite, plus proche d’un Small Soldiers auquel M3GAN emprunte quelques données (sans mauvais jeu de mot) sans aller peut-être aussi loin dans le splatter cartoon. On admirera bien sûr le message demago sur les abus de l’Ipad et de la technologie, l’importance de la famille et des liens du sang… Force est de constater que le mélange de dialogues atroces, de personnages écrits à la truelle, de punchlines bien sentis et de cruauté piquante (quel tirage d’oreille mémorable!), donnent au film une aura instantanément camp. Soit le double feature parfait avec cette peste d’Esther, qui avait emballé les plus barjos d’entre nous, il y a quelques mois pour les mêmes raisons. Les connasses sont fantastiques. J.M.

28 décembre 2022 en salle / 1h 42min / Epouvante-horreur, Thriller
De Gerard Johnstone
Par Akela Cooper, Akela Cooper
Avec Allison Williams, Violet McGraw, Ronny Chieng

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