No country for old man. Lucky est un vieux cow-boy solitaire. Il fume, fait des mots croisés et déambule dans une petite ville perdue au milieu du désert. Il passe ses journées à refaire le monde avec les habitants du coin. Il se rebelle contre tout et surtout contre le temps qui passe. Ses 90 ans passés l’entraînent dans une véritable quête spirituelle et poétique.
Un peu de baume au cœur pour une fin d’année froide. Bien sûr que c’est émouvant. Quel cœur de pierre ne peut pas être ému par Harry Dean Stanton, récemment vu dans l’immense Twin Peaks The Return et décédé en septembre dernier? Il est la raison d’être de ce film qui constitue une façon lumineuse de rendre hommage à celui qui fut le héros magnifique de Paris, Texas de Wim Wenders. Il fallait un acteur pour mettre tout ça en boite (John Carroll Lynch dont c’est le coup d’essai) et c’est bien entendu ce qui fait la qualité comme la faiblesse de cette méditation sur la vieillesse et la solitude: les résonances (tout ce qui se joue au-delà du film) sont presque plus émouvantes que le film lui-même, confinant parfois à l’anecdote comme au folklore. Pas croire pour autant que l’on va assister à un spectacle mortifère: Lucky reste d’un bout à l’autre charmant, humain, drôle, touchant parce qu’il a été confectionné dans le moule d’un cinéma indépendant américain comme on a aimé en voir dans les années 80-90. Et un acteur superbe, HDS donc, traduit tout avec rien. Inutile de chercher (et d’attendre) plus que notre émotion. Even chaos boys get the blues.

