[CRITIQUE] LOVE AND BRUISES de Lou Ye

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Depuis Week-end lover (1993), Lou Ye, cinéaste underground Chinois, est confronté à la censure de son pays. Il a d’ailleurs fini par être blacklisté pendant cinq ans pour avoir commis Une jeunesse chinoise, une évocation de la répression de Tiananmen portée par un souffle érotique assez audacieux. Autant son avant-dernier Nuits d’ivresse printanière, récit en deux temps sur un briseur de couple qui fascine les hommes pour mieux perdre les femmes, ressemblait à un Jules et Jim bisexuel plutôt fébrile; autant Love and Bruises est effroyablement raté. C’est la rencontre – totalement improbable – entre une jeune prof de Pékin – vulnérable car venant de se faire larguer – et un jeune ouvrier (Tahar Rahim, la géniale révélation d’Un prophète). Lou Yé qui, d’ordinaire, filme plutôt bien le désir, la sexualité tourmentée et les corps échoue totalement à transmettre la passion. Tout d’abord, on ne comprend pas ce qui attire les deux personnages. Ensuite, les réactions du personnage féminin ne sont pas crédibles. Le style totalement improvisé (jeu sur les focales pour masquer le tournage-guérilla), le manque de substance (on a vite fait le tour de la question), les personnages secondaires inexistants et les errements superflus épuisent les résistances. Reste néanmoins la seule raison de ne pas désespérer : Tahir Rahim, formidable de bout en bout, donnant généreusement de sa personne et parvenant à donner un peu de chair à ce personnage à la fois terrien et fantomatique. Hélas, le film ne lui rend rien en retour. Rien du tout.

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