[CRITIQUE] L’ETE DE GIACOMO de Alessandro Comodin

« L’été de Giacomo » ressemble à un secret murmuré. Pour son premier long métrage, l’italien Alessandro Comodin réussit à enregistrer une foule de détails a priori insignifiants et à les rendre essentiels à travers les flâneries de deux adolescents imperceptiblement contaminés par la mélancolie. Ça se déroule dans un paradis vert où a priori rien ne se passe ; pourtant, quelque chose meurt en silence. Sans que ce soit ouvertement dit, il s’agit d’un film sur la préservation de l’état d’innocence – donc une métaphore du passage à l’âge adulte – qui s’adresse plus à l’instinct qu’à la logique. C’est aussi une lente, très lente, métamorphose où, à l’aube de la vingtaine, les regards comme les corps changent. Comodin parvient à saisir des émotions intimes et nobles, fragiles et lointaines, en s’attachant à des décors, des sensations et des souvenirs évanescents de premières fois. Il a su trouver une forme idéale entre documentaire et fiction avec une sorte de superpouvoir originel de la mise en scène et affirme une capacité à montrer moins pour signifier plus. A l’arrivée, son cinéma vise à l’épure et procède d’une vision du monde dont tout découle, de la durée des plans à la direction d’acteurs. Vu le sujet, on ne s’attendait pas à un tel résultat, à la fois solaire et angoissé.

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