Romain, un jeune photographe de trente ans, apprend brutalement qu’il n’a plus que quelques mois à vivre. Dans son court métrage La petite mort, François Ozon plongeait dans les arcanes psychologiques d’un jeune homo qui passait son temps à prendre en photo des hommes en train de se masturber. Sous le vernis provocateur, un drame bouleversant sur la relation père-fils, sur la mélancolie qui presse l’âme, sur l’homosexualité et sur la difficulté d’aimer et d’être aimé en retour. Etonnants parallélismes avec son nouveau film Le temps qui reste dans lequel Romain (Melvil Poupaud, superbe) est photographe, gay, arrogant, cynique avec son entourage parce qu’il cache un mal-être qui le ronge. Le jeune trentenaire est atteint d’une tumeur incurable et prépare silencieusement son testament en apprenant à profiter des derniers moments de sa vie. Cheminement cliché qui ressemble à une succession de jérémiades complaisantes ? Tout faux. Ozon filme ce long trajet mortifère sans céder à la putasserie, en le jalonnant d’instants de grâce qui sonnent juste et profond (la scène de triolisme, le pardon au téléphone, l’assaut des réminiscences…).
Le temps qui reste épouse un retour aux sources inattendu et s’impose comme la symbiose adéquate entre sa première période « trash » et sa seconde, plus sage. Comme souvent chez Ozon, le film doit beaucoup à ses interprètes, tous impeccables, qui se distinguent dans des situations très sensibles. Mélange de candeur et de provocation, de rudesse et de sensibilité, cet édifice très personnel permet au cinéaste de signer son meilleur opus. Sa réussite vient certainement du fait qu’Ozon joue sur l’identification et plaque ses expériences sur celles du spectateur. Le réalisateur en profite pour décortiquer en creux ses obsessions de toujours avec une générosité souveraine, avec des références explicites aux cinémas de Rohmer (Melvil Poupaud, Marie Rivière…) et de Noé (si 5×2 possédait l’irréversibilité d’Irréversible, Le temps qui reste démontre lui aussi que le temps détruit tout). La façon dont il laisse parler ses angoisses face à la mort, face au sexe, est prodigieuse.
[CRITIQUE] LE TEMPS QUI RESTE de François Ozon
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