[critique] Le Skylab de Julie Delpy

Après La Comtesse, Julie Delpy confirme un goût pour l’éclectisme avec cette chronique douce-amère d’une famille de province ancrée dans les années 70 qui cache en réalité une autobiographie. L’argument science-fictionnel de la station spatiale qui risque de s’écraser sert de prétexte à une métaphore de l’adolescence et à une étude de mœurs où une succession d’anecdotes/souvenirs tient lieu de scénario. Delpy y adopte le point de vue de la fillette boulotte – qu’elle a sans douté été.  Mais ce n’est pas de l’unanimisme : en croquant beaucoup de personnages et en maintenant des actions parallèles ou imbriquées, elle témoigne une vraie capacité à saisir l’instant et à organiser le récit avec précision (le syndrome du «bordel organisé»). Pendant presque deux heures, il y a des enfants comme s’il en pleuvait et des adultes politiquement définis, souvent amochés par des traumatismes (l’ombre du Viêt-Nam), des contingences sociales (la fin des trente glorieuses) ou des ambitions trop grandes pour eux (devenir artiste). Dans ce havre épicurien, tous les personnages sont épinglés avec autant de cinglerie que de tendresse. Cet appétit d’ogre, cette apparente décontraction de fantaisie désuète et cet énorme réservoir de bonne humeur constituent le charme du film, ravivant en sourdine la douce fluidité des cinémas de Jacques Rozier et Pascal Thomas. D’aucuns trouveront sans doute l’exercice un peu volatil voire narcissique. Mais, dans le registre toujours en vogue dans le cinéma franco-français du «vécu au cinéma», il n’est pas interdit de préférer ce Skylab à La Guerre est déclarée.

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