L’empereur d’Hébalon meurt dans des circonstances dramatiques, emportant dans la tombe un terrible secret. Comme les Hébaliens craignent que leurs ennemis de toujours, les Zériths, ne profitent de cette situation troublée pour les attaquer, la loi martiale est déclarée. Le jeune prince Hal Tara entreprend un long voyage pour venger la mort de son père. Ce chemin vers la vérité le mènera de manière inattendue vers le grand amour. Après un premier long métrage angoissant (Possessed), Anders Ronnow-Klarlund revient avec un pari qui peut paraître incongru : mettre en scène un film avec uniquement des marionnettes. A condition de ne s’attacher qu’à la forme, c’est plutôt réussi d’autant que l’homme exploite assez bien le concept. Certaines idées sont très belles comme par exemple celle de donner une signification aux fils qui dirigent les marionnettes : un fil qui tremble pour représenter la passion amoureuse, des fils qu’on coupe pour briser les êtres de l’intérieur, le fil de la vie, celui qui est relié au cerveau. La symbolique religieuse dépend de l’interprétation du spectateur mais demeure secondaire. Ici, il est avant tout question de vie, de mort, de vengeance, de guerre et d’amour.
C’est là où le bât blesse : le scénario est très conventionnel (les péripéties manquent de surprise comme de souplesse) et la thématique trop classique (ou alors pas assez audacieuse). Défi technique avant d’être une révolution narrative, Le fil de la vie est par ailleurs très manichéen dans sa construction. La simplicité des personnages et des situations devrait toutefois émouvoir les plus jeunes spectateurs à qui le film est consacré. Les adultes pourront se rabattre sur le complémentaire Team America (de Trey Parker) qui sort un mois plus tard et opère la même démarche en essayant d’être le plus ludique, méchant et drôle possible. On peut préférer la seconde option sans pour autant démentir les qualités évidentes de ce Fil de la vie.
[CRITIQUE] Le fil de la vie de Anders Ronnow-Klarlund
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