[CRITIQUE] Le fantôme de l’Opéra de Joel Schumacher

Au XIXe siècle, dans les fastes du Palais Garnier, l’Opéra de Paris, Christine, soprano vedette, est au sommet de sa gloire. Son succès est dû à sa voix d’or et aux mystérieux conseils qu’elle reçoit d’un « ange », un fantôme qui vit dans les souterrains du bâtiment. L’homme, un génie musical défiguré qui vit reclus et hante l’Opéra, aime la jeune fille d’un amour absolu et exclusif. Lorsque Raoul entre dans la vie de Christine, le Fantôme ne le supporte pas… Joel Schumacher, cinéaste tête de Turc depuis qu’il a réalisé le nauséabond 8 mm, artiste exagérément vilipendé par les critiques (il est vrai), a cette fois-ci donné le bâton pour se faire battre. Alors que ses deux derniers films sortis parallèlement (Phone game et Veronica Guerin) étaient plutôt emballants, le cinéaste surfe ici avec un opportunisme non dissimulé sur la vague du revival des comédies musicales (lancé par l’enthousiasmant Moulin Rouge de Baz Lhurmann) en en adaptant une de Sir Lloyd Webber qui triomphe depuis dix-huit ans à Londres, seize à Broadway et qui demeure inédite chez nous en France, le pays des comédies musicales d’Elie Chouraqui.
Le réalisateur qui a commencé sa carrière comme décorateur pour les films de Woody Allen fait ce qu’il peut pour donner un soupçon d’esthétisme et de soin à la reconstitution. Mais sa comédie musicale manque de tubes pour petits clous (il n’y a pas de morceau phare comme le Come what may de Moulin Rouge) et s’avère totalement dénuée d’audaces. Ça ressemble finalement plus à l’attraction des pirates de Disneyland qu’à un drame poignant et lyrique. Et le drame, c’est précisément le film : constamment ridicule, ni fait ni à faire, maladroitement mis en scène, mal joué par des acteurs qui ont le charisme d’une endive (sauf Emmy Rossum qui fait ce qu’elle peut et pleure sans cligner des yeux) et exagérément poussif dans sa construction dramatique (le film dure plus de deux heures). On a beau essayer de croire que la comédie musicale de Webber est formidable sur scène, il n’en demeure pas moins que sur grand écran, elle est horriblement fadasse et n’intéresse ni les cinéphiles ni les mélomanes. Revoyez plutôt Phantom of the paradise

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