[CRITIQUE] L’avion de Cédric Kahn

Le soir de Noël, alors que chacun déballe avec joie ses cadeaux, Charly, petit garçon de huit ans, découvre avec grande déception une immense maquette d’avion, alors qu’on lui avait promis un vélo. Patrick, son père, meurt peu après, sans avoir eu le temps de remplir la promesse qu’il avait faite à son fils. Mais la tristesse laisse vite la place à l’émerveillement lorsque Charly découvre que sa maquette n’est pas ordinaire : son avion est « vivant » ! Il part alors dans une folle aventure, avec son nouvel « ami », afin de retrouver son père pour le remercier pour ce cadeau inespéré !

En adaptant la bédé Charly de Magda et Lapière, Cédric Kahn, réalisateur éclectique et ô combien brillant, semble tourner le dos aux récits ancrés dans le réalisme cru pour musarder ailleurs. On a raison. L’avion, son dernier film, brosse le portrait d’un enfant qui, confronté au deuil soudain de son papa, trouve à travers le dernier cadeau que ce dernier lui avait offert, un objet obsessionnel qui pourrait bien être animé. Réincarnation ? Schizophrénie latente ? On examine toutes les pistes, on est intrigué par l’atmosphère troublante… pour finalement se retrouver avec un mélo cousu de fil blanc et indigeste. Kahn donne l’impression d’avoir le cul entre deux chaises, avec d’un côté l’envie lâche de signer un film pour mômes très consensuel ; et de l’autre, d’étendre son édifice fictionnel et de jouer avec les ficelles de sa narration. Echec cuisant sur les deux tableaux, d’autant plus regrettable que le vrai sujet du film (comment gérer l’intrusion de l’extraordinaire dans un monde ordinaire ?) est à peine effleuré, seulement au travers de deux trois apparitions menaçantes de l’avion façon La mort aux trousses. L’onirisme, la nécessité de l’imaginaire pour surmonter les épreuves, sont des thèmes qui au cinéma ne peuvent pas se contenter de poncifs. Les personnages mal croqués ne servent que de pions à une intrigue qui s’enlise lentement mais sûrement dans une poésie niaise. Là où Kahn usuellement friand de scénarios complexes et surprenants avait toutes les cartes en main pour signer un grand film, il livre une fable pétrie de bons sentiments et totalement désincarnée. C’est incompréhensible. Mais où est passé le réalisateur du si essentiel Feux rouges ?

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