« La nuit du 12 » de Dominik Moll: l’horreur du féminicide dans un polar obsédant par le réalisateur de « Harry, un ami qui vous veut du bien »

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Le cinéma français se porte bien avec de bonnes nouvelles envoyées depuis la planète Dominik Moll: son envoûtant La nuit du 12, d’après l’ouvrage de Pauline Guéna 18.3 Une année à la PJ, nous a bluffés!

À la PJ chaque enquêteur tombe un jour ou l’autre sur un crime qu’il n’arrive pas à résoudre et qui le hante. Comme annoncé dès le départ, l’histoire est un cold case, une enquête de la PJ de Grenoble irrésolue. Pas de coupable menotté à la fin, mais cela n’a pas du tout empêché les grands enfants que nous sommes de passer un moment very tendu au fond de notre siège, adhérant totalement au projet du film. Bastien Bouillon doit résoudre le meurtre atroce de Clara, survenu la nuit du 12 donc, cramée par un drôle d’énergumène se baladant en permanence avec son jerrycan d’essence (et dont, si vous avez suivi, l’identité nous est cachée). Entouré de sa petite bande de collègues mecs – dont un Bouli Lanners qu’on a jamais vu aussi subtil – le Bastien multiplie les pistes et part à la traque du tueur, une lutte qui s’avèrera aussi vaine qu’obsessionnelle et dans laquelle le petit bonhomme laissera des plumes.

Le quotidien des PJistes nous est montré dans tout ce qu’il a de zarbi: devoir annoncer le meurtre d’une ado à ses parents, accroitre ses soupçons envers un accusé, afin d’en finir avec cette étouffante affaire, composer avec une imprimante merdique, car la municipalité a encore réduit ses budgets… Les personnages joués par des femmes sont extraordinaires (nous avons versé notre petite larme au moment où Pauline Serieys remet les enquêteurs à leur place) et leur apparition progressive au fil du récit en fait un grand film féministe qui préfère procéder par petites touches plutôt que par un assommant manifeste. Le film arrive aussi à faire des choses assez folles avec un Bastien Bouillon en mode force tranquille et il distille au milieu de cet univers pas jojo quelques touches d’humour absolument bienvenues: on vient d’assister au grand polar mélancolique que Samuel Benchetrit ne réalisera jamais. G.R.

13 juillet 2022 en salle / 1h 54min / Thriller, Policier
De Dominik Moll
Par Pauline Guena, Dominik Moll
Avec Bastien Bouillon, Bouli Lanners, Théo Cholbi

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