Reçu avec circonspection au dernier Festival de Cannes et vu avec d’autres yeux à L’Étrange Festival, La jeune fille à l’aiguille (Magnus Von Horn) s’inspire d’une histoire vraie (et apparemment notoire au Danemark), pour raconter le parcours fictif de Karoline, jeune ouvrière dans une fabrique de textile à la fin de la Première Guerre mondiale. Sans nouvelles de son mari parti à la guerre, elle a du mal à joindre les deux bouts. Son patron la protège, en échange de faveurs sexuelles, et lui promet de l’épouser lorsqu’elle tombe enceinte de lui. Comme la famille du patron ne l’accepte pas, Karoline ne veut pas garder l’enfant et le confie à une femme qui l’a aidée précédemment.
C’est le début d’une série de révélations cruelles, mais vieilles comme le monde, sur les différences entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien. Sans dévoiler le sujet, que découvre progressivement l’ingénue alors qu’elle perd une à une toutes ses illusions, on peut dire qu’il est suffisamment fort pour déclencher des polémiques (qui n’ont pas manqué d’éclater à Cannes). Pour autant, le film est traité d’une façon directe et émouvante, avec la simplicité d’une fable qui cherche à montrer que, passé un certain degré de dénuement, on n’a plus le choix.
| 1h 55min | Drame, Historique De Magnus von Horn | Par Line Langebek Knudsen, Magnus von Horn Avec Trine Dyrholm, Victoria Carmen Sonne, Besir Zeciri Titre original Pigen med nålen |



