« L’Inondation » d’Igor Minaïev: c’est quoi ce Zaza movie méconnu?

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Pétrograd, au lendemain de la révolution bolchévique. Pour sauver son couple qui se meurt, Sophia (Isabelle Huppert), qui ne peut pas avoir d’enfants, propose à son mari Trofim d’adopter Ganka, orpheline de treize ans. L’intrusion de l’adolescente au sein de la datcha va bouleverser leur quotidien tandis que les eaux de la Neva se soulèvent et déferlent sur Petrograd… Adaptation d’une nouvelle de l’écrivain russe Evgueni Zamiatine – qu’on connaît à la fois pour son roman d’anticipation Nous autres qui préfigure Le meilleur des mondes et 1984 ainsi que pour son scénario des Bas-Fonds de Jean Renoir, adapté de Gorki – L’inondation est un curieux théâtre d’ombres, où des personnages qu’on croit monolithiques arrivent à nous prendre à défaut au moment où on n’y croyait pas. Mis en chantier par Daniel Toscan du Plantier après la découverte de ladite nouvelle par Isabelle, qui y voyait là un grand rôle vénéneux quelque part entre Violette Nozière, Malina et le futur La Pianiste, le film vaut surtout pour l’interprétation de la seule star (et quelle star!) du film: une Bovary éthérée se transmuant soudain en une Lady Vengeance à qui il ne vaut mieux pas confier le hachoir agricole qu’en bon soviétique, vous avez reçu à vos 11 ans… sous peine de devoir passer le week-end à nettoyer vos murs! Une curiosité de 1993 distribuée par les courageux Films du Camélia à revoir depuis mercredi aux Écoles Cinéma Club (5ᵉ arrondissement). G.R.

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