« Koban Louzoù » de Brieuc Schieb: une curiosité chaos à découvrir en salles

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Après une razzia festivalière ces derniers mois (Fifib, Belfort, Côté Court…), les films de Brieuc Schieb s’offrent le merveilleux luxe de sortir en salle. Un double-programme produit et distribué par nos amis de petit chaos (oui, ce sont de lointains cousins) que les Parisiens peuvent dès à présent déguster au Grand Action, à l’Archipel et au Méliès. Si on n’a pas encore eu le temps de découvrir l’appetizer qu’est La Tourbière (26 minutes), voici ce qu’on écrivait sur Koban Louzoù – aka La cabane et le remède – au moment de sa projection au Festival Entrevues de Belfort (en 2022 ou en 2023, on ne sait plus trop).

Notre film chouchou du festival, réalisé par un jeune bonhomme de 26 ans et récompensé par le Grand Prix André S. Labarthe du court-métrage (même si ça dure une heure). Poussée par un élan communautaire, Audrey (Audrey Carmes) rejoint un chantier participatif isolé du monde extérieur où Kathleen, Laurence et Baptiste, volontaires de divers horizons, vivent et travaillent sous la tutelle d’Aymeric (qui est joué par un Virgil Vernier en slibard, ce qui devrait déjà suffire à attirer votre attention). Ensemble, ils vont charpenter, débroussailler, élimer, rafistoler, taquiner le goujon, et disserter sur la température de ce bon vieux bol de soupe quand on vient à lui souffler dessus – ritaline, burnout et complots faciles sont également au programme des discussions autour de la table à souper.

Dans cette communauté qui vise l’autogestion, chacun tente de trouver ses repères, de créer du lien et de masquer ses maladresses: le film joue beaucoup sur les silences et autres remplissages oratoires qu’on mobilise quand on ne sait pas quoi faire avec sa bouche. La question de l’utopie et du collectif est mise à mal par la langue proto-managériale dans laquelle se fourvoie le chef de tribu Virgil Vernier, nourrie aux remontrances et aux injonctions faussement sympatoches («Si tu te lèves un peu plus tôt demain matin, ce sera win-win pour tout le monde sur le chantier, tu comprends?»). Le tout sous l’auspice d’un mystérieux épouvantail souriant, à peu près plus inquiétant que l’ensemble des fétiches horrifiques d’aujourd’hui. En bref, un faux et étrange épisode de télé-réalité DV, qui pourrait bien ravir nos plus fidèles chaos-followers sur Insta… G.R.

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