K.O. debout. Antoine Leconte est un homme de pouvoir arrogant et dominateur, tant dans son milieu professionnel que dans sa vie privée. Au terme d’une journée particulière oppressante, il est plongé dans le coma. À son réveil, plus rien n’est comme avant : Rêve ou réalité? Complot? Cauchemar? Il est K.O.
K.O. Reigns. Révélé avec Simon Werner a disparu (son premier long, réalisé en 2010) et Les Revenants (sa série, qui a tout perdu de son sel dans la saison 2), Fabrice Gobert prolonge la veine fantastique vaguement anxiogène avec K.O., un polar dont le titre a tout pour nous ravir et qui a envie de brasser différents genres et différents modes entre eux, entre comédie sociale (ah, l’impitoyable monde de l’entreprise!) et thriller horrifique (ah, les troubles de l’identité!).
Retrouvant le registre inquiétant du génial Elle de Paul Verhoeven, Laurent Lafitte incarne un patron de chaine de télévision sans âme qu’un acte de vengeance va plonger dans l’immobilité. Suite à l’incident, il se retrouve dans une position de soumission et de faiblesse, passant son temps à se demander «mais pourquoi?». Le spectateur, aussi, prend part à ce jeu de pistes entre réel et fantastique au début: est-ce qu’il a été débarqué pendant son hospitalisation? Ou a-t-il fantasmé sa réussite, alors qu’il a toujours été un simple présentateur météo soumis au diktat de l’audimat? Qui est-il? Celui d’avant l’accident, ou l’autre, qu’il découvre jour après jour dans le regard de ses collègues de bureau?
Ce qui est clair, c’est que Lafitte joue le mec infect sans trop se forcer, affublé de tous les maux possibles (arrogant, misogyne etc.) pour bien nous faire comprendre qu’il est vachement infect. Travaillant un univers mental chiadé et volontiers anxiogène, Gobert n’en reste pas moins sous grande influence: on pense trop, pour ne pas dire tout le temps, au cinéma de David Fincher auquel Gobert a de toute évidence voulu rendre hommage. Le problème, c’est qu’il achoppe sur la vacuité du scénario reprenant littéralement les ressorts de The Game avec une touche de Fight Club. Au final, ce long épisode de La Quatrième Dimension ne tient pas ses promesses. Dommage pour la jolie musique de Jean-Benoît Dunckel, du groupe Air, qui sauve un poil l’emballage mode de ce «film de fan» très vain.


![[CRITIQUE] SONG TO SONG de Terrence Malick](https://www.chaosreign.fr/wp-content/uploads/2017/06/song-to-song-1068x557.jpg)