L’amour a ses raisons. Sur l’île de Jersey, une jeune femme tombe amoureuse d’un homme mystérieux. Cette rencontre la pousse à fuir sa famille tyrannique. Alors que l’homme est soupçonné de plusieurs meurtres, elle le défend aveuglément.
Que la raison n’ignore pas vraiment. Au titre Jersey Affair, on préférera l’intitulé original, Beast, tant le premier long-métrage de Michael Pearce ne parle que de ça: l’animalité. Librement inspiré d’un fait-divers réel (l’affaire dite de la «Bête de Jersey»), le film se concentre sur une étrange jeune femme, Moll (épatante Jessie Buckley), qui officie comme guide pour les cars de tourisme sur la petite île anglo-normande. Non contente de s’écorcher la main dès la première scène, elle va se prendre de passion pour un autochtone un peu rustre, Pascal (Johnny Flynn), suspecté par la police d’avoir assassiné plusieurs adolescentes. Captant remarquablement le côté rugueux de l’île – en contraste avec une prétendue «bonne société» -, Jersey Affair s’avère un portrait psychologique assez saisissant de son héroïne et de ses contradictions. Un poil trop long et visuellement pas toujours inspiré, le film montre toutefois avec justesse que l’humanité est indissociable de sa part de monstruosité.

