[CRITIQUE] JARHEAD, LA FIN DE L’INNOCENCE de Sam Mendes

Chronique de la guerre du Golfe durant l’été 1990. On y suit un bataillon de Marines.
Pour ces jeunes déracinés, gavés d’images et de phraséologie guerrières, ivres de rock et de bière, commence alors la longue et dérisoire attente d’un ennemi fantôme. La soif, la peur, l’épuisement, l’ennui, les frustrations lancinantes, les tensions extrêmes s’additionnent dans un climat de plus en plus délétère et explosif. Dans cet enfer naîtront pourtant de surprenantes et inaltérables amitiés entre compagnons d’armes.

Les films qui traitent de la guerre du Golfe ne sont pas nombreux. C’est pourquoi il importe de réévaluer au plus tôt Les rois du désert, de David O’Russell, qui abordait ce sujet sous l’angle de la dérision et du cynisme. D’une facture plus classique, Jarhead, le troisième long métrage de Sam Mendes, narre le quotidien des Marines pendant la Guerre du Golfe et filme le chaos délétère de la guerre en se focalisant sur la frustration de l’attente et finalement le néant puisqu’il ne se passe rien si ce n’est des tensions internes. La vraie guerre n’est donc pas celle que l’on croit.

Sans ambitions dadaïques, bifurcations fantaisistes ou dénonciatrices (ce qui lui permet d’éviter une certaine lourdeur sans pour autant gagner en pertinence), Mendes montre de jeunes gars qui ont trop rêvé leur vie à travers Apocalypse now et Voyage au bout de l’enfer. Au bout dudit voyage, ils n’en tirent aucune gloire. Parallèlement, Mendes s’applique à donner des accents véristes à son récit, même s’il cède plus d’une fois à quelques tentations esthétisantes, notamment dans le dernier tiers. Malgré des qualités certaines, le résultat demeure classique, autant que pouvait l’être Les sentiers de la perdition. On tient peut-être ici la preuve qu’American beauty devait toute sa singularité au scénario d’Alan Ball (Six feet under). Mais, comme souvent chez le réalisateur (qui vient du théâtre), son opus se trouve transcendé par une interprétation d’excellente facture (Jake Gyllenhall et Peter Sarsgaard, en tête). Dommage toutefois qu’à force de peaufiner le visuel, Mendes oublie de faire affleurer l’émotion.

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