Alors que le monde est en proie à une mystérieuse épidémie qui altère le comportement humain, une psychiatre de Washington découvre que le fléau est d’origine extra-terrestre, et que son propre fils pourrait bien être la seule personne capable d’empêcher l’invasion qui se prépare…
Quatrième variation autour des Body snatchers, Invasion était attendu non sans impatience par tous ceux qui aiment le classique de la littérature de la science-fiction signé Jack Finney et surtout ceux qui attendaient beaucoup de la rencontre entre le cinéaste frondeur germanique Oliver Hirschbiegel et la frêle Nicole Kidman dans un rôle originellement masculin. Hélas, il semble très difficile de passer après Don Siegel, Philip Kaufman et Abel Ferrara. En orientant son histoire dans l’axe dramatique de Kaufman (prendre le prétexte de la science-fiction pour pointer du doigt la déshumanisation de la société et le fascisme rampant), Olivier Hirschbiegel que l’on avait tant porté au pinacle avec L’expérience et La chute s’est littéralement fait bouffer tout cru par le conformisme Hollywoodien pour du divertissement terriblement fastidieux.
Résultat ? Aucune subversion, aucun suspense, aucune prise de risque. Sa mise en scène, naguère capable de retranscrire l’état de panique, se révèle extraordinairement pauvre – l’auteur ne lésine pas sur les plans répétés et peu subtils sur la nourriture pour souligner une contamination et se contente de champs contre champs pour filmer des conversations tendues. On a la désagréable sensation d’assister à un triste spectacle pataud, tout juste remis au goût de la veille. En même temps, le montage n’est même plus de lui – la Warner, peu séduite par la première version du cinéaste teuton, a demandé aux frères Wachowski de rendre le rythme moins émollient en greffant plus de scènes spectaculaires. Ça n’a fait qu’amplifier les défauts. Revoyez plutôt Les fils de l’homme.

