[CRITIQUE] INSTINCT DE SURVIE – THE SWALLOWS de Jaume Collet-Serra

Les dents de ta mère. Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats…

On se calme et on boit frais. La seule raison pour laquelle on a atrocement envie de voir Instinct de survie – The Swallows, c’est l’excitation provoquée par la perspective de voir Blake Lively en bikini sur un rocher cernée par un requin. Basta, nothing else. C’est d’ailleurs la seule raison d’être du film. Force est de reconnaître que l’on est bien content qu’un costard-cravateux de Hollywood ait eu le courage de dire tout haut ce que tout le monde avait envie de regarder en salles cet été avec un plaisir même pas coupable. Sans surprise, tout est conforme au programme, finissant par ressembler à une addition de (hash)tags. Un fond symbolico-mélodramatique a été ajouté à la dernière minute par le scénariste pour donner un peu de substance au simple «Blake Lively versus Shark»: si la surfeuse Blake/Nancy se rend sur cette plage à squale, c’est en hommage à sa mère récemment emportée par un cancer – photo en médaillon à l’appui en haut à droite de l’écran; ce que l’on comprend via une discussion Facetime avec son papa et des échanges de texto avec sa best friend qui l’a abandonnée parce qu’elle avait trop fait la teuf la veille (la vilaine!).

Évidemment, en affrontant ce squale qui ne supporte pas sa présence de surfeuse sur le territoire de chasse, Blake/Nancy va devoir se surpasser et vaincre sa douleur. Avant que l’action démarre, on a droit à une friandise: un flash-forward d’attaque de requin filmée en GoPro, idée du siècle. Une fois sur son rocher, Nancy/Blake copine avec une mouette elle-aussi blessée (*métaphore*) et affronte à distance un vilain Mexicain ventripotent, ivre et voleur sur la plage. Clichés et invraisemblances à foison – Nancy/Blake, la jambe défoncée, qui se met debout pour faire des coucous l’heure d’après. Sinon, Blake Lively joue mal, même quand elle bouffe un crabe dégueulasse (deux trois expressions qui musardent sur son visage et qui s’en vont), à tel point que le zombie se bastonnant avec le requin dans L’enfer des zombies (Lucio Fulci, 1979) était plus expressif. Et cerise sur le navet: le requin joue également très mal, ravivant celui en carton-pâte qui faisait tant rire dans Les Dents de la mer 3 ou celui qui se prenait une mandale de la part de Angelina Jolie/Lara Croft.

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Date de sortie : 17 août 2016 (1h27min) Avec : Blake Lively, Angelo Lozano Corzo, Jose Manuel Trujillo Salas Thriller, Epouvante-horreur[CRITIQUE] INSTINCT DE SURVIE – THE SWALLOWS de Jaume Collet-Serra
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