Werner Herzog part en expédition en Ecosse afin de faire toute la vérité sur le monstre qui se cache dans le Loch Ness pour les besoins d’un film intitulé Enigma of Loch Ness. A la même époque, John Bailey réalise un documentaire sur Werner Herzog, baptisé Herzog au pays des merveilles, et suit le cinéaste lors de la préparation du film et sur le tournage. Ce que tous deux ne pouvaient prévoir, c’est que le film d’Herzog ne se ferait jamais… Reprenant le principe devenu classique du canular filmique (Epidemic de Lars Von Trier ; Forgotten silver de Peter Jackson), Zak Penn envoie le cinéaste Werner Herzog (Cobra verde) et quelques amis enquêter sur le monstre du Loch Ness. La première partie ne cherche pas à donner des informations explicites et préfère instiller une tension qui étreindra progressivement tous les personnages de cette mascarade manipulatoire. Sous la forme d’un documentaire à la Ennemis intimes (fascinante plongée dans la relation amour-haine entre Werner Herzog et Klaus Kinski), le jeune réalisateur s’amuse à parodier Lost in La Mancha en montrant les efforts désespérants d’un cinéaste chevronné en butte à une équipe incompétente et pas motivée. Affichant un sérieux qui contraste avec la crétinerie ambiante, Werner Herzog en profite pour se tourner lui-même en dérision, même si sa démarche apparaît un peu comme égocentrique. Il l’a cependant toujours revendiqué.
Mais le coup de poignard ironique, cynique, ne fonctionne qu’un premier temps… Tout ceci n’est qu’un artifice, une supercherie, un trompe-l’œil pour emmener le spectateur là où il s’y attend le moins : vers un film catastrophe et d’épouvante filmé à la Blair witch. Accessoirement, il se dégage de cette mystification roborative une intéressante réflexion sur le pouvoir des images et des mythes. En effet, de la même façon que l’équipe tend à prouver l’existence d’un monstre sous-marin légendaire, le réalisateur Werner Herzog est lui aussi victime de sa réputation de cinéaste despotique lors de la scène la plus intense du film. Le procédé se mord parfois la queue (c’est trop ostensiblement manipulateur pour que le spectateur marche) mais ça se regarde.
[critique] Incident at Loch Ness de Zak Penn
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