A la base, «Il n’y a pas de rapport sexuel» est une phrase de Lacan. C’est la vérité qui émerge de cet incroyable documentaire réalisé exclusivement à partir de rushs issus des caméras que HPG a placé lui-même sur ses plateaux de tournages pendant dix ans (plusieurs milliers d’heures). On pensait subir une publicité vaguement racoleuse à la gloire de la pornstar provoc, on découvre un météore. Peu importe que vous connaissiez ou non les précédents travaux de HPG ou que vous éprouviez ou pas de la sympathie pour sa grande gueule : l’intérêt réside heureusement ailleurs et ne se résume pas à un portrait complaisant. Pour commencer, HPG n’est jamais montré comme le mec cool qu’il aimerait paraître mais plus comme un sadique égotiste qui de temps en temps a besoin d’une caresse ou d’un soupir de mélancolie. A travers son montage, Raphaël Siboni, qui n’a rien du béni-oui-oui idolâtrant cette petite entreprise du sexe, met avant tout en lumière ceux qui passent devant cette caméra et exhibent leurs corps. La chair n’est pas triste mais il n’y a pas la moindre excitation : une fois épuisés, les sexes débandent, les corps se consument, les illusions s’effondrent dans un fracas atroce et pourtant silencieux. En réalité, HPG est un marionnettiste qui manipule ses ouailles dans son théâtre d’appartement et entretient un univers factice où l’on ne connaît principalement du désir que sa valeur marchande. Tel un bon metteur en scène, il peut feindre des émotions pour arriver à ses fins, se montrer compatissant ou autoritaire, rassurant ou tortionnaire. Jamais un documentaire n’avait touché de si près l’obscénité au sens premier (sur le devant de la scène). Il n’y a pas de rapport sexuel est aussi et surtout un film libre, à la fois hilarant et pathétique, triste et embarrassant, totalement dépourvu de jugement ou de théorie vaseuse. Ce que le spectateur y voit est ouvert à toutes les interprétations, même et a fortiori aux plus équivoques. A une heure où le cinéma ne tolère que le politiquement correct et où Internet autorise une liberté totale en termes de sexualité (la pornographie s’est propagée sur les écrans d’ordinateur en dix ans comme un virus), le résultat ressemble à une Bible sur le gonzo, très contemporain dans ce qu’il révèle sur la consommation démocratisée et virtuelle de la chair.
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