[CRITIQUE] I.K.U. de Shu Lea Cheang

Une séduisante machine, appelée Reiko, accumule le maximum de données sur l’acte sexuel. Lorsque celles-ci sont perdues à cause d’un virus, Reiko va être réinitialisée par un programmeur à la retraite, puis relancée dans le cyberespace afin de les retrouver. La mutante à l’expertise étendue fait voler le cœur des spectateurs dans un vertige pornographique et digital éblouissant.

Une licorne miniature qui tombe par terre, un homme qui la ramasse, une femme qui attend dans un ascenseur… Pas de doute : L’orgasme, le second long-métrage de Shu Lea Cheang, commence là où Blade Runner s’arrête. Mais la cinéaste, plus intéressée par le X que par l’attirail pyrotechnique de la science-fiction, s’est ingéniée à donner une suite cul au film de Ridley Scott dans laquelle elle passe en revue toutes les positions sexuelles possibles et inimaginables.

Sommairement, L’Orgasme est un film porno dans lequel pendant près d’une heure dix on a droit à une succession de scènes de cul ultra kitsch avec pénétrations et fellations (hétéro et homo) en gros plan, pimentées de couleurs flashy censées retranscrire le fameux orgasme. Vous êtes prévenus. A la base, il y a quand même une histoire dans laquelle on suit les pérégrinations nocturnes et festives de Reiko, une IKU capable de prendre différents visages. Elle est chargée d’emmagasiner le maximum de données orgasmiques de tous ses clients de passage. Parfois, il arrive que les clients soient plus nombreux que prévus (deux, trois et plus si affinités), que les sexes varient (deux mecs ou deux filles ensemble, un couple…) ou alors que des virus se propagent et créent de fâcheux troubles.

A l’écran, certaines scènes ont de l’allure et se révèlent assez sensuelles comme celle où deux amants baisent en plein milieu d’un aquarium géant et d’un restau où le cuistot coupe les flancs des poissons. Il manque néanmoins une intrigue qui soit à la fois concrète et claire. Cette absence de substance donne l’impression de voir un clip vague et fourre-tout, à la fois dérangeant et racoleur, dont le seul mérite serait l’originalité. Mais, sous le vernis provocateur, il y a malgré tout un message qui sous-tend l’idée que si l’on veut un retour aux sentiments, il faut changer cette société déshumanisée où les gens n’ont plus goût à rien.

Au final, ce sont les allusions à Blade Runner qui s’avèrent les plus distrayantes : outre le clin d’oeil initial au film de Ridley Scott qui tente de résoudre le « secret de la licorne », il y a également un dénouement à deux issues possibles : un gay et une lesbienne. Et c’est toi, courageux lecteur, qui doit faire le choix, via le site web du film…

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