[READ IS DEAD 2] Chez Blum House – la maison de production responsable de l’objet du délit – il y a deux méthodes pour faire des films. La première donne l’occasion à des réalisateurs souvent talentueux d’expérimenter et de mettre en scène de réelles propositions de cinéma de genre. On pense notamment à Get out, The Lords of Salem, Upgrade, Split ou encore Sinister. La seconde, beaucoup plus opportuniste, pourrait être appelée «les films à pitch sympatoche bons à produire quantité de suites calibrées pour les moutons». Généralement, ces films-là ne sont ni trop violents, ni trop compliqués, un peu beaufs, très impersonnels et très bidons. A ce jeu-là, la saga American Nightmare reste le leader incontesté avec quatre purges (dans tous les sens du terme) au compteur, suivie de près par les trois suites de Insidious, d’un opportunisme écœurant. Si le premier volet de Happy Birthdead pouvait à la rigueur faire partie de la première catégorie, sa suite justifiée par un twist scénaristique incroyable de nullité rejoint la seconde catégorie avec un billet première classe.
C’est très simple, hormis la prestation de la talentueuse Jessica Roth, qui arrive à nous décrocher un sourire de temps à autre, rien ne va. Peu aidée par Christopher Landon et sa mise en scène Ikea, ni par les seconds rôles caricaturaux et aussi charismatiques que des pieds, la pauvre ne peut éviter le naufrage de l’entreprise. Conçu comme une vulgaire fusion entre la saison 2 de Scream Queens et un épisode de Scooby Doo, Happy Birthdead 2 You (oui, ils ont osé) se rêve le nouveau Détention mais n’en possède ni le fond, ni la forme. Se complaisant dans la redite de son modèle d’origine avec une mauvaise foi qui confine à la performance, cette histoire de boucle temporelle se révèle d’un ennui mortel. Vous l’aurez compris, cette suite du tout juste sympathique Happy Birthdead est loin de transformer l’essai. Ne cherchant quasi plus à cacher ses bas instincts mercantiles, le film nous donne à voir un objet sans personnalité, aseptisé au possible (pas de sang et autant de violence que chez Inspecteur Barnaby!). En sortant de la salle, notre seule peur, c’est de devoir nous farcir une seconde fois le film comme sa pauvre héroïne. Mais comme chez Chaos on est sympa, on vous évite même de tenter une première fois.
GUILLAUME CAMMARATA

