« Grand Paris » de Martin Jauvat: filmez jeunesse!

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La banlieue, c’est (pas) morose. Leslie, un jeune banlieusard désabusé, entraîne son meilleur pote Renard dans une combine foireuse à l’autre bout de l’Île-de-France. Sur un chantier de la future ligne de métro – le Grand Paris Express – ils découvrent un mystérieux artefact. De quoi aisément en tirer un petit billet. Mais, au fil de leur périple, la banlieue parisienne devient le théâtre d’étranges phénomènes.

Une bonne claque aux mauvais auteurs. Ils paradent en claquettes-chaussettes, récupèrent par terre des objets venant d’un autre monde, et se font livrer des burgers répondant aux doux noms de Cristiano (Signature) ou de Neymar-steak-boursin quand vient l’heure du petit creux éméché de fin de soirée. Eux, c’est Leslie et Renard, engagés malgré eux dans une exploration de la Grande Couronne après que le RER les menant à Saint-Rémy-lès-Chevreuse les empêche de retourner vers la capitale suite à un problème technique. Le prétexte à un buddy-movie bariolé arpentant les zones périurbaines, ces étranges espaces plus si ruraux contaminés par la construction de centres commerciaux et d’extensions de lignes de métro.

Si le film est plus réussi sur son abord comique que sur son envers mélancolique, Grand Paris convoque un éloge de la lose et du rire grassouillet qui nous situe tout de suite du côté de la comédie américaine et de ses plus magnifiques avatars (Superbad, Apatow, Farrelly et cie.) Des références qui, dans notre bouche, sont évidemment une bonne chose. Un premier long remarqué à l’ACID qui nous donne envie de suivre avec attention la carrière du jeune réal/acteur/scénariste aux jackets couleurs Haribo, seulement 26 printemps au compteur! (voir encadré) G.R.

MARTIN JAUVAT, JEUNE ET CHAOS
« Je crois que mon incapacité à me faire accepter dans une école de cinéma m’a directement poussé à faire des films, avec une énergie décuplée par la frustration et la honte. J’ai beaucoup souffert, sur le moment, de ces «échecs», j’ai vécu de longues périodes de doute plutôt désagréables, mais j’ai l’impression avec le recul que c’était un mal pour un bien. Parce que du coup j’ai éprouvé une certaine nécessité, une urgence dans mon désir de passer à l’acte, à pratiquer coûte que coûte, contre vents et marées. À la Fac, j’ai eu la chance immense de rencontrer plusieurs jeunes désireux, comme moi, de tourner, à différents postes, et dans différents domaines, et notre équipe s’est assez naturellement constituée d’elle-même, une bande d’amis avec qui je travaille encore aujourd’hui, cinq ans après mon premier court-métrage ! Chaque film a été une bataille, un sacrifice. Même si mes premiers courts n’ont pas rencontré de succès, je sentais que quelque chose se précisait dans ma façon d’exprimer mon univers. J’en ai fait une force, une espèce d’assurance qui m’aide beaucoup aujourd’hui et surtout me permet d’aller vite. »
29 mars 2023 en salle / 1h 20min / Comédie
De Martin Jauvat
Avec Mahamadou Sangaré, Martin Jauvat, Sébastien Chassagne

 

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