[CRITIQUE] ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND de Michel Gondry

Joel et Clementine ne voient plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d’amour, au point que la jeune femme fait effacer de sa mémoire toute trace de cette relation. Effondré, Joel contacte l’inventeur du procédé Lacuna, le Dr Mierzwiak, pour qu’il extirpe également de sa mémoire tout ce qui le rattachait à Clementine…

Après le premier essai moyennement convaincant d’Human nature, fable originale à base d’homme sauvage et de prétendu retour à la civilisation, Charlie Kaufman (au scénario) et Michael Gondry (à la réalisation) confirment avec Eternal sunshine of the spotless mind tous les espoirs placés en eux et signent enfin le film fou, brillant et détraqué qu’on attendait de leur collaboration. Ce second long-métrage au titre énigmatique (emprunté à un poème d’Alexander Pope), qu’on pourrait résumer comme une comédie romantique de science-fiction, plonge dans les méandres de l’esprit humain (revoir Adaptation pour comprendre que ce thème obsède Kaufman) et raconte, dans un charivari extrêmement maîtrisé, une histoire d’amour sans fin qui ne tient qu’à un fil, celui du souvenir évanescent. Autour d’un noyau électrique solide – un homme et une femme qui se perdent pour mieux se retrouver -, plusieurs personnages gravitent et découvrent eux aussi des désirs naissants, des mensonges et des secrets.

Si, certes, au départ, le procédé formel adopté par Michael Gondry (superposition du présent et du passé, personnages qui s’effacent au fur et à mesure que les souvenirs s’envolent…) peut dérouter, cet enchevêtrement de vignettes tantôt drôles tantôt tristes prend vie et forme grâce à un casting ad hoc (Jim Carrey, Kate Winslet, Mark Ruffalo, Elijah Wood, Tom Wilkinson et Kirsten Dunst) et surtout un scénario original et démesuré qui retrace le chemin intérieur mental d’un homme qui tente de réparer une erreur et voyage dans son inconscient (un peu comme les quidams qui batifolent dans le cerveau de John Malkovich dans Dans la peau de John Malkovich).

On n’est pas obligé d’apprécier les vertiges temporels pour se fondre dans cette histoire à la fois simple et complexe, dense et intelligente, profonde et universelle. Mention spéciale à Beck pour sa formidable reprise de Everybody’s gotta learn sometimes des Korgis, dont la mélancolie souveraine inonde le film comme un torrent de douceur.

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