En 2009, Jaume-Collet Serra avait agréablement surpris son petit monde avec Esther, qui non seulement confirmait tout le bien qu’on pensait de lui depuis le zinzin et baroque La maison de cire (ça, c’était avant…), mais se payait le luxe de revenir aux sources du thriller domestique pour l’agrémenter de la brutalité et de la perversité du film d’horreur hargneux de la fin des années 2000. Une série B classe, méchante et sans prétention, dont on se goinfrerait volontiers tous les mois (l’avenir en a décidé autrement). Et voilà que presque douze ans plus tard, un zigoto s’est levé un bon matin en se disant qu’il serait SUBLAÏME de faire tout de suite maintenant une prequel à ce petit film qui n’avait rien demandé, et de plus chapeauté par cet imbécile de William Brent Bell (Stay Alive, The Boy, Devil Inside: un esthète cet homme-là…).
Balancé tel un morceau de viande avariée dans un mois d’août saveur piranhas, Esther 2: les origines fait comme si rien n’était… à commencer par zapper le fait que son actrice a pris quelques années au compteur! Certes, l’on dira que la «triche» du premier film fonctionnait à merveille au vu de l’âge d’Isabelle Fuhrman (12 ans à l’époque), mais à 25 balais, personne n’y croît, la mise en scène usant de doublure quand elle ne distribue pas des platform shoes à toute l’équipe. On peut aussi ne pas du tout prendre ça au sérieux… et on aurait raison.
Pêchée au fin fond de l’Estonie (et sans qu’on explique son passé: paye ton origins story), la très méchante et toute petite Leena s’enfuit pour les States en prenant le bon soin de se faire passer pour une petite fille américaine disparue: Esther. À la fois dubitative et émue, la famille récupère leur petit ange disparu trop tôt, en réalité petit diable qui compte bien ne pas se faire repérer et supprimer tous les gêneurs. Daddy-issue sous les bras (et vu le bestiau, on comprend!), le reste roule à peu près sur le même sentier que celui du premier opus…
Moins beau (photo veloutée et désaturée façon gueule de bois un dimanche pluvieux), moins maîtrisé et assurément moins pertinent (osons le dire même: absolument inutile) que son modèle, cette prequel interdite s’octroie un petit virage à mi-parcours assez réjouissant, tirant d’une main leste sur la bourgeoisie américaine, et assumant plus qu’à demi-mot son spectacle de méchante connasse (Esther en mode bad bitch sur du Michael Sambello: personne l’a rêvé, mais ils l’ont fait!!). Finalement, on n’attendait rien de rien, et on s’amuse quand même (un peu). J.M.
17 août 2022 en salle / 1h 39min / Epouvante-horreur, ThrillerDe William Brent Bell Par David Coggeshall, Alex Mace Avec Isabelle Fuhrman, Julia Stiles, Rossif Sutherland Titre original Orphan: First Kill |

17 août 2022 en salle / 1h 39min / Epouvante-horreur, Thriller