Comment ça, vous connaissez déjà l’histoire? Impitoyable et cruel chef du cartel de Medellin, Pablo Escobar est le criminel le plus riche de l’Histoire avec une fortune de plus de 30 milliards de dollars. « L’empereur de la cocaïne » met la Colombie à feu et à sang dans les années 80 en introduisant un niveau de violence sans précédent dans le commerce de la drogue.
Le roi du cartel de Medellín n’en finit décidément pas d’inspirer les productions tous azimuts.Du documentaire (Countdown to death) à la fiction (Infiltrator, Paradise Lost avec Benicio dans le rôle de Pablo), en passant par la série télé (Narcos), on en bouffe VRAIMENT à toutes les sauces d’Escobar. Et voilà le bousin qui devrait provoquer votre ras-le-bol définitif. Dans son pavé Loving Pablo, Hating Escobar, ayant servi de source à ce biopic-là, Virginia Vallejo, journaliste et ancienne maîtresse du capo, raconte tout à la première personne, donnant ainsi un éclairage certes nouveau sur le mythe Escobar (l’homme derrière, en gros) mais aussi très verbeux – on se tape toutes ses réflexions ineptes en voix-off pendant près de deux heures. Forcément, on passe sous silence quelques événements marquants et c’est bien trop léger pour rendre compte de la vie bigger than lifedu plus célèbre narcotrafiquant de l’histoire du monde. Le principal problème de cette adaptation figée réside dans son absence de point de vue (et l’on a presque envie de dire l’absence de cinéma). Autrement dit, c’est de la télévision riche.
Lourdé de ressorts psychologisants (figurez-vous que Escobar était gonflé d’égo! Ah bon?), Fernando León de Aranoa peine à accorder un minimum de crédit à son affaire, faisant peser sur chaque plan ses efforts de reconstitution et prisonnier d’un cahier des charges long comme mon bras. Une flemme qui coule dans le plomb tout espoir de cinéma. Reste le couple star en pleine perf de la mort (Bardem ventripotent et Cruz phagocytée), un mois seulement avant Everybody Knows de Asghar Farhadi. Le réalisateur iranien devrait, lui, manifester plus de joie et d’envie à l’idée de les diriger.

