Howard Spence, une ancienne gloire du western qui ne décroche plus que des rôles secondaires, mène une existence solitaire et noie son dégoût de lui-même dans l’alcool, la drogue et les femmes. Jusqu’à ce que sa mère lui apprenne qu’il a peut-être un enfant quelque part… Il revient sur les traces de son passé pour partir à la recherche de ce fils.
Si le film contient certes des qualités sur ses deux longues heures de bobine, il n’en reste pas moins qu’on ressort de Don’t come knocking extrêmement perplexe. On peut voir à travers ces retrouvailles et ces histoires d’enfants perdus un adieu à un cinéma comme on n’en fait plus mais le procédé devient vite laborieux : il faudrait peut-être dire à Wim Wenders que la belle époque des excellents Alice dans les villes et L’état des choses est désormais révolue.
Le réalisateur des Ailes du désir a sensiblement du mal à changer d’époque comme de registre. Avec Don’t come knocking, il fait d’un scénario potentiellement riche une épopée poétoc qui n’est pas sans évoquer le sobre Broken flowers de Jim Jarmusch (quête de l’enfant inconnu, personnage principal égoïste et touchant), avec lequel il était en compétition au dernier festival de Cannes. Autant Wenders réussit son personnage principal, autant les personnages secondaires confinent aux stéréotypes.
Malgré le soin apporté à la photo et à la mise en scène, Wim Wenders n’est plus que l’ombre de lui-même : s’il essaye d’instiller un souffle poétique à son histoire, il tombe involontairement dans le pastiche bourré d’afféteries et d’autocitations. Il ne faut compter que sur le couple Jessica Lange – Sam Shepard (également co-scénariste comme sur Paris, Texas, leur chef-d’œuvre) pour insuffler un peu d’émotion à cet objet nostalgique qui pêche par excès. Pas détestable, pour sûr, mais maniéré et obsolète.

