[CRITIQUE] DESTRICTED de Gaspar Noé, Matthew Barney, Larry Clark, Marco Brambilla & Sam Taylor-Wood

Le thème de la sexualité abordé par sept réalisateurs. Marina Abramovia : Balkan erotic epic ; Matthew Barney : Hoist ; Marco Brambilla : Sync ; Larry Clark : Impaled ; Sam Taylor Wood : Death Valley ; Gaspar Noé : We fuck alone ; Richard Price : House call.

La représentation de la sexualité au cinéma est une question qui turlupine les réalisateurs de tout bord. Dans l’air du temps (reflexion sur la pornographie, le corps comme machine à baiser, absence de tabou et de sentiments), Destricted, film à sketches dans lequel quelques cinéastes sont venus se perdre, pâtit de son inégalité. Matthew Barney délivre malgré quelques idées potentiellement intéressantes un bidouillage arty. Marina Abramovic filme sur un ton rigolard des femmes de tous âges qui remuent leurs seins frénétiquement et des hommes en érection, le tout sur fond de folklore balkanique bien obsolète (rites ethniques). Marco Brambilla signe le segment le plus court où il passe en revue quelques grands noms du cinéma porno dans un montage tellement rapide qu’il nous ferait prendre du Aronofsky pour du Rohmer. Richard Price se fout de la gueule du monde en zoomant sur un porno des années 70 à travers un écran de télé (histoire de créer une distanciation ? idée vaine). Sam Taylor Wood capte l’impuissance en filmant un simili-cowboy qui se masturbe à genoux en pleine Vallée de la Mort. Gaspar Noé reste dans le moule Irréversible avec son segment qui reprend quelques-unes de ses figures stylistiques connues et acquiert sans peine le titre de cauchemar fantasmé où un homme clope à la main fait joujou avec une poupée gonflable qu’il personnifie en regardant un porno. Tout sauf excitant, le film cherche davantage à retranscrire l’extase, le malaise, le sexe dans l’état de frustration et au final vire au trip poseur auto-satisfait. Reste le sketch de Larry Clark qui joue avec la fascination du cinéaste pour la chair adolescente en revisitant le casting de « La nouvelle star ». Incidemment, le réalisateur de Ken Park confirme après Wassup rockers que la légèreté et la comédie prennent de plus en plus le pas sur le tragique dans son cinéma et que ça lui sied plutôt bien. Mais, en confondant complaisance et fascination, le résultat peut laisser très perplexe.

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