« Deadstream » de Joseph & Vanessa Winter: nouvelle horreur pour Halloween

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Deadstream réussit un pari assez peu relevé dans ces home movies tournés à l’arrache: faire peur et faire rire à la même cadence. Disponible le 31 octobre sur la plateforme Shadowz.

On voulait s’en débarrasser, mais tel un boogeyman récalcitrant, il revient à la charge: le found footage ne lâche pas l’affaire, probablement parce que le tout numérique actuel ne peut s’en passer. De l’expansion de Youtube au streaming roi, en passant par les smartphones à 3 trillions de pixels, il n’y a plus d’excuse de laisser crever ce sous-genre bon marché quand on peut filmer et diffuser partout, tout le temps. Et pour une fois, on lui donnera raison.

Pourquoi? Parce que Deadstream de Joseph Winter et Vanessa Winter réussit un pari assez peu relevé dans ces home movies tournés à l’arrache: faire peur et faire rire à la même cadence. Et si l’on évoquait Youtube, c’est bien sûr que le couple Joseph et Vanessa Winter a eu l’excellente idée de tirer au bazooka sur les vloggeurs/streamers débilos qui se multiplient sur la toile. C’est d’ailleurs le réalisateur lui-même qui incarne l’intenable Shawn Ruddy, influenceur fictif banni pour ses soi-disant dérapages (comme on dit si bien). Mais le bonhomme revient après une vidéo d’excuses pouet pouet (désormais un grand classique du monde moderne) et continue sur sa lancée: à savoir se filmer en train de vivre en live les moments les plus humiliants ou cauchemardesques imaginables. Un Jackass 2.0 en somme, s’octroyant le bon rôle tout en s’arrangeant à grand coup de sponsors et de merchandising: le sick sad world, le vrai.

Pour marquer ce retour en force, le barbu crétin s’engage à passer une nuit totalement seul dans un des maisons les plus hantées d’Amérique. Les vidéos d’Urbex flippantes (parfois bidonnées) pullulant à présent sur les réseaux, il était facile pour les Winter de s’approprier le concept pour y poser une barre de dynamite. On ne révélera pas grand-chose des événements se déroulant au long du film, mais on sent de bout en bout l’influence persistante de Evil Dead 2, avec son héros crétino/maso, ses créatures en caoutchouc insistantes et un humour débilos qui ne chasse jamais les pics d’effrois.

Les outils à disposition du personnage principal (nombreuses caméras avec différents points de vue, tablette, chat, ou même des vidéos pop-up) offrent une dynamique grisante à l’expérience, sans virer à la salade de fenêtres ou au gerbotron, sans compter que le récit rabat ses cartes sans arrêt, bien décidé de faire subir les derniers outrages à son dude casse-cou. Un premier film ultra-réjouissant au bon goût de pop-corn gluant et qui, on l’espère, ne donnera pas envie à ses auteurs de s’enfermer dans une malice factice ou pire, d’être récupérés par des studios tord-boyaux. Début de réponse probablement sous peu puisqu’on les trouvera également à bord du wagon de V/H/S 99! J.M.

1h 27min / Epouvante-horreur, Comédie
De Joseph Winter, Vanessa Winter
Avec Joseph Winter, Melanie Stone, Jason K. Wixom

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