Deadpool, est l’anti-héros le plus atypique de l’univers Marvel. A l’origine, il s’appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie.
Créé par l’auteur/dessinateur Rob Liefeld et le scénariste Fabian Nicieza, Deadpool est un anti-héros particulièrement drôle et déjanté qui se rattache à l’univers Marvel. Son adaptation au cinéma ressemble à une succession de défis. Défi consistant, dans un premier temps, à ne pas décevoir les fans tant la première apparition du super-héros dans X-Men Origins : Wolverine avait laissé sceptique les plus sourcilleux. Défi aussi pour Ryan Reynolds, acteur capable de beaucoup lorsqu’il est bien dirigé (Captives de Atom Egoyan, par exemple), traînant Green Lantern comme une casserole. Et défi enfin pour un studio, la Fox en l’occurence, qui doit trouver un juste équilibre, sans doute réconfortée par Les Gardiens de la Galaxie et Ant-Man. La vraie question, c’est de savoir comment donner du sang neuf à un genre en voie d’épuisement.
Là où le réalisateur Tim Miller – animateur et spécialiste des effets spéciaux, à qui l’on doit le générique du Millenium, de David Fincher – a une porte de sortie, c’est que Deadpool incarne assurément le personnage le plus anticonformiste et le plus imprévisible des héros de l’écurie Marvel. Et qu’ainsi, il a toutes les ressources nécessaires pour séduire ceux qui, a priori, ne se sentent pas concernés par les super-héros et détestent le politiquement correct. Jugé au départ trop violent, le premier script du film a dû être réécrit afin d’éviter une interdiction trop lourde. Deadpool sera finalement classé R aux Etats-Unis, ce qui veut dire que les mineurs (17 ans et moins) devront être accompagnés d’un adulte s’ils veulent voir le film. En France, le film est interdit aux moins de 12 ans. Forcément, comme il a été nécessaire d’adoucir le trait, ce n’est pas l’entreprise de démolition punk tant espérée même si l’on rit quand même des dialogues pop (« Je vais te faire ce que Limp Bizkit a fait à la musique dans les années 90 ») et que l’on s’amuse bien de l’irrespect ambiant, à l’aune de ses délirants génériques et de ses connotations sexuelles.
Au final, la production, il est vrai un peu partagée entre la farouche velléité d’irrévérence et le respect plan-plan des conventions, s’avère assez réjouissante dans son mauvais esprit et son mauvais goût. D’autant que Ryan Reynolds s’épanouit comme un poisson dans l’eau.


