Bouh. Une famille en proie à une mystérieuse créature qui ne vit que dans le noir. Petite, Rebecca a toujours eu peur du noir. Mais quand elle est partie de chez elle, elle pensait avoir surmonté ses terreurs enfantines. Désormais, c’est au tour de son petit frère Martin d’être victime des mêmes phénomènes surnaturels qui ont failli lui faire perdre la raison. Car une créature terrifiante, mystérieusement liée à leur mère Sophie, rôde de nouveau dans la maison familiale. Cherchant à découvrir la vérité, Rebecca comprend que le danger est imminent… Surtout dans le noir.
Fais-moi re-peur. On avait juré, on s’était promis de ne plus faire les gros méchants face à une énième série B pour puceaux braillards de multiplexes. Et pourtant, impossible d’y résister. Voici Dans le noir, dernier produit horrifique estampillé Warner Bros/James Wan qui nous arrive après l’atroce bigoterie de Conjuring 2. A la question « est-il possible de faire moins bon et aussi con que Conjuring 2? », la réponse est oui. Cette version trop longue d’un court réellement effrayant (Lights Out, 2013), jouant sur les terreurs primales et collectives, avait tous les atouts en mains avec la zolie Teresa Palmer, la très au-bout-de-sa-life Maria Bello, un gamin cerné, une maison hantée, un démon tendance Raskar Kapac et une partie de jour-nuit-jour-nuit chère à ce cher Jacquouille des Visiteurs. Hélas, ce qui marchait formidablement sur une durée de trois minutes, sans doute parce qu’elles nous dispensaient d’explications et fonctionnaient sur le mystère, se révèle soudain très laborieux sur une bonne heure vingt: tirant à la ligne, souffrant d’une profusion d’effets horrifiques faciles, d’une interprétation calamiteuse, d’explications pénibles et d’enjeux rikiki. Pauvre David F. Sandberg, pourtant soutenu par James Wan en mentor co-producteur, qui s’est totalement fait bouffer par l’industrie Hollywoodienne pour son coup d’essai et qui n’a malheureusement pas retenu la principale leçon de Robert Wise, dont la mise en scène reposait sur la suggestion et jamais sur la démonstration. Alors, certes, aucune idéologie délétère derrière sa babiole mais rien à dire, rien à raconter, rien à révolutionner. Seulement de patauds accès horrifiques. On attendait le nouveau It Follows, on a droit à un cousin d’Annabelle.

