[CRITIQUE] CRAZY KUNG-FU de Stephen Chow

Sing, un prétendu gangster, doit surmonter son incapacité à manier le sabre et démontrer qu’il a toutes les qualités requises pour appartenir au prestigieux gang de Axe. Dans le même temps, ce gang veut régner en maître sur le territoire le plus convoité qui est en fait une rue sacrée, protégée par une bande de personnages hauts en couleurs. La plupart d’entre eux sont des maîtres du kung-fu déguisés en personnes ordinaires. Après plusieurs rencontres avec des voyous et une véritable brute connu sous le nom de « The Beast », Sing parvient à vaincre ses handicaps et réalise qu’il est devenu l’un des plus grands maîtres de kung-fu dont la mission est de protéger la rue sacrée.

Avec une filmographie hantée par le spectre de Bruce Lee, Stephen Chow décide de passer à l’acte et signe un vrai film de kung-fu digne de ce nom. Faute de rigueur, le maelström se noie vite dans un grand bain de violence sadique et un humour « nonsensique » insistant. Les personnages – voire même des séquences entières – s’inscrivent dans une tradition purement « cartoonesque » qui a toujours été la marque de fabrique de Chow. Dans ses meilleurs moments, le résultat est aussi euphorisant que du Tex Avery. L’histoire secondaire avec une marchande de glaces mutique rappelle celle dans Shaolin soccer avec une demoiselle disgraciée. A chaque fois, il s’agit d’un prétexte pour pasticher le genre.
Sauf que ce qui passait bien dans les précédents opus, possède un intérêt limité ici. Chow perd singulièrement en originalité comme en folie, même si certains passages virtuoses tendent à démontrer le contraire.

Son dernier film, produit par Columbia (une première), procure certes un plaisir immédiat mais ne convainc finalement qu’à moitié. Ce qui est un peu gênant lorsqu’on espère voir ici le film le plus définitif de son auteur. Kung-fu hustle n’est rien de plus ni de moins qu’une parodie impeccablement manufacturée mais volatile qui prend rapidement la forme d’un pot-pourri de références très explicites : Matrix, Gangs of New York, Spider-man, Shining… A ce rythme-là, ce n’est plus de la parodie, c’est le serpent qui se mord la queue.

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