[CRITIQUE] COPS de Josef Fares

L’histoire se passe dans une petite ville de province en Suède, et plus particulièrement autour de son Commissariat de Police. Aucun crime ni délit grave n’ayant eu lieu depuis une dizaine d’années dans cette ville modèle, tranquille et calme, le commissariat est menacé de fermeture, à la grande tristesse des six policiers qui ont noué depuis longtemps des relations plus qu’amicales avec les citoyens. C’est alors que la fine équipe, redynamisée par ce vent de panique, s’autorise à des méthodes peu académiques pour préserver leur emploi…

Tout le film est à l’aune de sa première scène. Jacob, un flic à la recherche de la nouvelle âme sœur, rencontre par l’intermédiaire des petites annonces une jeune femme a priori sympathique. C’est le premier dîner. Ils ne se connaissent pas. L’homme est habillé  classe, la fille débarque et commence à poser des questions insolites, montrant progressivement son état d’esprit genre «maniaque-accro-des-détails». Le questionnaire est terminé, la jeune femme rassure le monsieur en lui disant avec le sourire que c’est une formalité, puis s’en va parce qu’elle pense qu’elle n’a plus rien à faire ici, sans même grignoter un petit quelque chose par politesse. Bienvenue dans Cops, un monde où on pratique l’humour à froid.

Cette fable sur le désœuvrement fonctionne sur ce rythme, en cultivant le même sens de l’ironie. Le sujet, déjà audacieux (par peur de se faire virer, une bande de flics décident de multiplier les conneries pour faire augmenter le taux de criminalité), est exploité jusqu’au bout par un scénario hybride qui a la bonne idée de ne pas dévoiler tous ses ressorts et son potentiel burlesque d’un coup, histoire de concocter une bande-annonce aguicheuse qui ne débouche sur rien de bien réjouissant. Erreur fatale: Cops est un film désopilant d’un bout à l’autre.

La première partie correspond à une période sagement barge où nos amis flics comblent leur ennui en s’adonnant à des exercices très douloureux (lavage de bagnoles, garderie de mômes, jeux de cartes avec le troisième âge). Puis, à cause d’une poubelle tombée par terre et renversée par l’un des flics, la situation se retourne et les flics deviennent les délinquants afin de chasser la fâcheuse menace qui plane au-dessus de leur tête. On bascule immédiatement dans un humour gentiment trash et méchamment tordant avec moult situations qui mettent en joie les zygomatiques (on crame les baraques, on ordonne les papys de voler dans les boutiques)…

Et pourtant, malgré leurs choix discutables, ces flics au grand cœur qui aimeraient bien qu’on leur file un peu de taf pour combler les heures de glande restent toujours très sympas parce que tous drôlement bien caractérisés, que ce soit la femme grande gueule qui attend qu’on lui déclare son amour avec conviction, le loser en amour qui passe son temps à se prendre des râteaux, et (surtout) celui qui se prend pour John McClane dans un épisode d’Une journée en Enfer. Une intrigue sentimentale accessoire vient un peu lourdement compliquer la situation, mais elle est pourtant indispensable au bon fonctionnement de l’intrigue.

Pourvue d’effets spéciaux délirants (des balles qui sifflent à la Matrix, des ralentis spectaculaires), cette comédie détonante, corrosive et irrésistible, fait rire très bruyamment. Si les gens qui disent n’importe quoi et les absurdités en tout genre vous font hurler, pas de doutes : ce concentré de bonheur nullement formaté et simple comme bonjour est vraiment pour vous.

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