Histoire vraie. Ed et Lorraine Warren, qui ont écrit de nombreux ouvrages sur le paranormal et chassé les mauvais esprits dans le monde entier, sont surtout connus pour l’affaire d’Amityville, où une maison a été le théâtre d’un terrible crime dont écrivains et cinéastes se sont inspirés. Ces événements ont notamment donné lieu au film d’horreur culte de 1979 « Amityville, la maison du diable ». Leur parcours a instantanément séduit le réalisateur James Wan à qui l’on doit notamment le film d’horreur, « Saw ».
A chaque nouveau film, ce réalisateur travaille comme un artisan soucieux de ne pas se répéter et de rendre des hommages aux artistes et aux genres qui ont nourri sa cinéphilie : « Dead Silence » était un hommage à la petite boutique des horreurs de la Hammer, à Mario Bava, à Dario Argento et au film à sketches « Au cœur de la nuit » (Robert Hamer, Alberto Cavalcanti, Basil Dearden, 1945); « Death Sentence » aux vigilante movie des années 70 ; « Insidious » au cinéma fantastique des années 80. Ses films n’ont pas la prétention de révolutionner la série B mais d’initier un public jeune et profane aux plaisirs coupables tout en donnant envie de revoir les originaux.
Dans « Conjuring : Les dossiers Warren », jugé « trop effrayant » aux Etats-Unis et interdit aux moins de 17 ans non accompagnés, James Wan s’adresse une nouvelle fois à une génération qui ne connait pas la VHS et récite ses classiques (« Poltergeist », « The Haunting », « L’exorciste »…) pour faire exploser le trouillomètre. Et il y parvient, pendant la première heure, assez démente.
Wan ne cherche qu’à divertir, au premier degré, sans cynisme ni post-modernisme, et le fait bien, arrivant même à faire vivre ses personnages, notamment le couple Vera Farmiga/Patrick Wilson. Dommage cependant que le dernier tiers de son film perde un peu cette économie d’effets pour s’abîmer dans la surenchère comme le Grand Guignol.

