[CRITIQUE] CONJURING 2, LE CAS ENFIELD de James Wan

Trop ouf. Lorraine et Ed Warren se rendent dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques. Il s’agira d’une de leurs enquêtes paranormales les plus terrifiantes…

Ma vie, le gros coup de flippe de l’été de ta reum. Une dinguerie, quoi. Et on s’arrête là? Non. Ajoutons que Conjuring 2, ça nique sa mère, ça envoie veugra, ça ouesh bien ou bien. Convaincu? Allez, encore un effort. Dans dix ans ou moins, ces films-là, assujettis à la bêtise de nos amis marketeurs, permettront aux spectateurs accros à leurs Smartphone d’envoyer des SMS pendant la projection – SMS qui apparaîtront sur l’écran de cinéma. Ainsi, lorsqu’un fantôme fera BOUH derrière une porte, le golmon assis au deuxième rang enverra instantanément un « trop B1 jé flipé ma L1F »; ce qui réjouira très certainement le service marketing du studio, bien content de transformer la salle de cinéma en défouloir pour décérébrés désœuvrés.
Pour ceux que ça intéresse, sachez que depuis Saw, son premier long métrage, le réalisateur James Wan envisage chaque nouveau film tel un artisan soucieux de rendre des hommages aux artistes et aux genres ayant nourri sa cinéphilie: Dead Silence était un hommage à la petite boutique des horreurs de la Hammer, à Mario Bava, à Dario Argento et au film à sketches Au cœur de la nuit(Robert Hamer, Alberto Cavalcanti, Basil Dearden, 1945); Death Sentence aux vigilante movie des années 70. Ses films n’ont pas la prétention de révolutionner la série B mais d’initier un public jeune et profane aux plaisirs coupables en donnant envie de revoir les originaux. Conçu comme une machine à remonter le temps, Insidious lorgne ouvertement vers le cinéma fantastique des années 80 à la fois en termes de narration et de d’atmosphère.
Conjuring est clairement un hommage aux films d’exorcisme des années 70 et donc au meilleur de tous: L’exorciste de William Friedkin. Et Conjuring 2 dans tout ça? Dans la droite lignée du premier, comme vous pouvez l’imaginer, mais en moins bon. Avec une première partie assez efficace, instillant l’angoisse avec économie d’effets et une deuxième moins, cherchant laborieusement à tout expliquer, ressemblant hélas trop à un train fantôme grand-guignolesque pour laisser une impression durable dans notre imaginaire et notre quotidien déjà bien fournis en horreur. On passera bien entendu sous silence les sempiternelles accroches débiles (la citation affligeante « terrifiant de ouf » d’une chanteuse de r’b’n sans lendemain ayant monnayé 4000 faux followers) et les idées pas moins (le film présenté par le prêtre lors d’une avant-première pour ados purulents). Mais on ne se privera pas de rechigner tout de même devant la morale fâcheusement bigote de ce film de frisson (la Bible nous sauvera de tout, même du Brexit) qui, grâce au savoir-faire réel poudre aux yeux de son auteur, donne l’illusion d’assurer le minimum syndical. Ou, pour citer notre amie au langage NRJ12, de terrifier de ouf.

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Date de sortie 29 juin 2016 (2h 13min) / De James Wan / Avec Vera Farmiga, Patrick Wilson, Frances O'Connor / Epouvante-horreur / Américain[CRITIQUE] CONJURING 2, LE CAS ENFIELD de James Wan
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