[CRITIQUE] CLOSET MONSTER de Stephen Dunn

Les amours sanguinaires. Jeune garçon solitaire et créatif, Oscar est témoin d’un meurtre à caractère homophobe dans le cimetière de la petite bourgade où il vit. Les années passent et il grandit dans le souvenir de cette expérience traumatisante et un sentiment d’abandon généré par le départ de sa mère et une relation tendue avec son père. Grâce à son imagination Oscar parvient peu à peu à faire face à ses démons. Il déniche un premier emploi dans une quincaillerie où il fait la connaissance de Wilder, un garçon de son âge libre et rebelle. Les deux adolescents se lient d’amitié, mais les sentiments d’Oscar pour Wilder deviennent ambigus.

Xavier Dolan inspire décidément beaucoup de jeunes cinéastes désireux de faire leurs armes.C’était le cas de Yan England avec l’impossible 1:54 dans lequel le college boy Antoine Olivier-Pilon était victime de brimades de ses camarades façon clip d’Indochine avant de surpasser ses angoisses et ses doutes grâce au sport. C’est désormais le cas du dénommé Stephen Dunn, jeune canadien de 28 ans qui a vu avec passion les films de Xavier Dolan (Les amours imaginaires en premier lieu, allant jusqu’à reprendre Niels Schneider en fantasme inaccessible) mais aussi les films de Gregg Araki (Mysterious Skin), de Richard Kelly (Donnie Darko) et de David Cronenberg (les nombreuses hallucinations horrifiques, zébrant le récit). Toutes ces influences font plaisir à voir, parce que nous aussi, nous aimons ces films. D’autant plus qu’elles sont fort visibles à l’écran et c’est bien évidemment là où le bât blesse.
Comme toujours avec ce genre d’objets ampoulés, loués comme des sensations tournant dans les festivals du monde entier et gavés jusqu’à la gueule de clichés auteurisants (le hamster, conscience du héros, qui parle avec la voix d’Isabella Rossellini = angoisse), on cherche quand même la réelle identité et la réelle patte de ce jeune réalisateur aux intuitions surannées, adepte de maniérisme, de court-circuitage et de fantasmagorie, traduisant littéralement le «monster» du titre pour raconter comment le protagoniste perçoit son homosexualité, lesté d’un trauma et d’un climat homophobe. On ne peut pas dire que ce soit léger-léger ni honteux; c’est attachant même par endroits. Avant de s’emballer à mort ou de détester à vie, on attendra donc une nouvelle expertise pour savoir s’il s’agit d’un vrai cinéaste pop et dépressif qui a des choses à nous dire sur l’adolescence ou juste un émule poseur de Araki et Dolan, pas antipathique au demeurant, mais bien anecdotique.

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Date de sortie 13 décembre 2017 (1h 30min) / De Stephen Dunn / Avec Connor Jessup, Aaron Abrams, Joanne Kelly / Genres Drame, Fantastique / Nationalité canadien / [CRITIQUE] CLOSET MONSTER de Stephen Dunn
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