[CRITIQUE] BRICE 3 de James Huth

T’en as pas marre de casser les couilles? Ah, Brice est de retour. Il est back dans les bacs. Comme disait Ophélaïe, bien avant Brïce De Nïïïce. Mais qu’est-ce que le retour? Hein? Qu’est-ce que c’est? C’est le retour des Guns ou de Alliance Ethnik? Le re-tour, c’est comme le god-art de Godard. C’est l’éternel retour de la chance, comme le chantait Joe. C’est le monde qui change, qui ne tourne plus rond, qui se Morandinise, qui se Bolloréise, qui se Hanounaise, qui se contente des robinets de promotion et qui ne peut plus critiquer ce qui est critiquable. Mais ce qui est rassurant avec Bri-i-ice, c’est que d’une part le mauvais goût est aussi partageable que le bon et que, surtout, Brice est resté Bri-ce, ce surfeur à tête de fion arborant sa piqure de requin dès qu’il en a l’occasion. Parce qu’il casse, Brice de Nice. Mieux que Igor d’Hossegor, mieux que Colin de Cogolin. Et même qu’à Co-go-lin, ils fabriquent des pipes et même qu’il y a même un cinéma à Cogolin. Et le cinéma de Co-go-lin, il s’appelle le Cinéma Raimu. Satan bouche un coin, non? Comment ça, qui était Raimu? Eh bien, c’était un acteur du temps où le cinéma était encore du cinéma. A moins que pour faire cinéma, Brice se casse à Hawaï, là où les vagues sont si énormes qu’elles cachent la vacuité, là où se cache Marius, l’ami Cloclo aux pieds pas beaux de Brice. Mais oui, Brice, joué par Jean, celui qui aime tant imiter les chameaux pour faire rire les édentés. Et quitte à faire la même grimace, pourquoi pas le Sahara? Ou alors pourquoi pas le Brésil? Histoire de faire plaisir à Christine Angot, l’ex du Doc. Comment ça, qui est Christine Angot? Oh, tiens, t’as vu? Les Nous C’Nous au détour d’une scène? Elle a vieilli cette bande qui a démarré au Carré Blanc et que l’on a ensuite longtemps vu dans une ancienne émission de la fin des années 90 présentée par Lolo Boyer intitulée Graines de Star. C’est là où tout a commencé, c’est là où ils se sont tous rencontrés, des siècles avant que Du-jar-din remporte l’Oscar pour un film muet présenté au Festival de Cannes et adoré par Robert de Niro ainsi que sa team de jurés. Oui, c’était en 2011. L’année de Tree of Life, de Melancholia et de Bejo-Haza. Dans le plus grand festival de cinéma du monde. Et le cinéma, Jean savait alors ce que c’était, avant de régresser de façon vertigineuse dans la peau d’un Brice qui ne sait plus du tout casser comme dans les années 90 chez Patrick Sébastien. De toute façon, comme dirait God, le cinéma est né avec Griffith et s’est terminé avec Kiarostami. C’est simple, aujourd’hui, plus personne ne sait filmer. Même James Huth, le « réalisateur » de Brice, qui nous avait quand même bien amusé avec son amusant Serial Lover en 1998. Mais c’était avant les années 2000, avant le bug de Fight Club mais après Lolo Boyer. Ainsi, qu’il s’agisse d’improviser une comédie musicale avec les Nous C’Nous récupérant Dujardin et Salomone dans un filet de pèche, de se vieillir la tronche façon Gary Oldman dans Dracula, de raconter des conneries à des enfants, de smacker un poisson à perruque dans la mer et d’organiser des concours de casse avec un sosie de Brice qui n’est pas le vrai Brice et donc un faux Brice vindicatif mais plus vrai que le vrai, on peut décemment dire que le cinéma crie famine, surtout lorsque l’on filme une boîte de nuit comme dans les années 90, comme quand Fabien Onteniente était considéré comme une promesse du jeune cinéma français. Mais qu’est-ce que le cinéma au fond? C’est plus Godard (encore lui) ou Polanski? C’est plus Eric Rohmer ou Claude Lelouch? Michel Deville ou Jean-Pierre Melville? Fabien Onteniente ou Fabien Onteniente? Nos repères, à une heure où la bêtise pense et où god is art, sont brouillés. Tout ça pour une comédie qui a reçu trois étoiles dans StudioCinéLive et qui, rappelons-le, parle de…

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Date de sortie 19 octobre 2016 (1h 35min) / De James Huth / Avec Jean Dujardin, Clovis Cornillac, Bruno Salomone / Genre Comédie / Nationalité Français[CRITIQUE] BRICE 3 de James Huth
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