Timothée Chalamet et Taylor Russell, cannibales féroces chez Luca Guadagnino

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Il est arrivé comme une rockstar à la Mostra de Venise, semblant arborer le KESKIYA-Strike-A-Chaos-Pose, très connu de celles et ceux qui nous suivent sur notre InstaChaos. L’acteur franco-américain Timothée Chalamet est la star du road-movie cannibale au cœur de l’Amérique profonde dans les années 1980 Bones and all, en compétition pour le Lion d’or et signé du réalisateur italien Luca Guadagnino (celui-là même qui a fait de Chalamet une star avec Call me by your name). Et il a mis ses fans en délire à son arrivée sur le Lido.

 

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Dans ce film (bien accueilli par la presse), Chalumeau joue un vagabond qui se lance dans une odyssée avec une girlfriend, dont il partage l’appétit irrépressible pour la chair humaine. C’est l’histoire de « deux jeunes très isolés, qui n’ont pas encore de véritable identité et s’affirment à travers l’amour », a-t-il déclaré en conférence de presse: « Être jeune aujourd’hui (…) signifie être jugé en permanence. Je n’ose imaginer ce que c’est de grandir sous le couperet des réseaux sociaux. C’était un soulagement d’interpréter des personnages luttant avec leurs dilemmes sans avoir à aller sur Reddit, Twitter ou TikTok pour voir comment ils s’intègrent dans la société », a observé Chalamet, parcouru par la profondeur.

Il joue face à l’actrice canadienne Taylor Russell, surtout connue jusqu’ici pour ses rôles dans les séries Strange Empire et Falling Skies. Cette énième déclinaison du couple infernal formé par Bonnie and Clyde évolue dans une Amérique éternelle, celle du Midwest hanté par les laissés pour compte du rêve américain. Au fil de leur voyage, nos héros cherchent à comprendre leur différence et à apprendre à vivre avec, non sans quelques violents accrocs et des scènes gore où on les voit dévorer des corps encore frémissants. Au-delà de l’analyse des ressorts psychologiques accompagnant la quête de soi chez ces deux marginaux, Guadagnino laisse folâtrer sa caméra sur des paysages grandioses et féeriques où ses personnages semblent n’être que des ombres fugaces appelées à être dévorées par leur destin. Une sorte de conte pour enfants où les ogres sont aussi des êtres de chair et de sang. On saluera la perf mémorable de Chloë Sevigny méconnaissable dans le rôle de la mère de la cannibale, trimballant avec elle tout un cinéma réellement extrême du passé (Brown Bunny, Kids…). A.V.

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