[CRITIQUE] BABY DRIVER de Edgar Wright

William Friedkin adore, Ryan Gosling aussi.Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby ne compte que sur lui-même pour être le meilleur dans sa partie. Lorsqu’il rencontre la fille de ses rêves, il cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Mais il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal… Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu’il aime et sa vie sont en jeu…

Ça commence comme un mélange de Drive, de Fast and Furious, de Reservoir Dogs et de Point Break, mais on finit par en avoir marre. Bien sûr, il faut toujours se méfier des films dont on peut a priori résumer l’intrigue en une ligne. Ici, en l’occurrence, il ne s’agit pas tant un film de braquages – il s’agit même d’un faux film de braquages – mais plutôt d’un polar romantique conçu dans un esprit distractif, donc fort fun. Et pas la peine de réclamer une thèse de troisième cycle, ce n’est pas le genre de l’instigateur de la «Cornetto Trilogy» (Shaun Of The Dead, Hot Fuzz et Le Dernier Pub avant la Fin du Monde).
Edgar Wright, remis non sans heurts de son éviction du projet Ant-Man (Marvel ayant préféré un yes-man sans caractère aux commandes), a les coudées franches sur son film concept-playlist (fort en gueule, drôle en bouche d’accord et divin aux oreilles mais concept quand même) qui laisse augurer de nombreuses possibilités autour d’un personnage contraint d’écouter en permanence de la musique pour couvrir un acouphène depuis un accident résultant de l’enfance. Baby Driver s’en tient à la souriante comédie présupposée, idéale pour cartonner cet été dans les multiplexes; ce qui est bien car on passe un bon moment de cinéma en le regardant et ce qui est hélas trop peu de la part d’un cinéaste qui, s’il s’amuse beaucoup avec son casting (Jon Hamm, Kevin Spacey, Jamie Foxx, Jon Bernthal, tous amusés et amusants), s’il met beaucoup de lui-même dans le script et a fortiori à travers le protagoniste joué par Ansel Elgort, a aussi fâcheuse tendance à bégayer depuis Scott Pilgrim avec lequel ce Baby Driver entretient de très (et trop) nombreux points communs jusque dans son romantisme et son joli point d’interrogation final.
Bien sûr, on est un peu content sur l’instant car Baby Driver donne des nouvelles de son auteur qui n’a rien perdu de son amour du cinéma et qui, dans sa manière de mixer différentes formes artistiques à la manière de Quentin Tarantino (ici, la musique pop et le cinéma d’action), parvient à nous le communiquer de façon infectieuse. Et l’on se tournera volontiers vers les cinémas de Tony Scott, Sam Raimi et de Stephen Chow pour trouver quelques points d’ancrage. En dépit de quelques éclairs, dont une course-poursuite fusillade façon Michael Mann faisant passer Fast and Furious pour du Mario Kart, l’ensemble n’en reste pas moins volatil, trop en tous cas pour laisser une empreinte durable. Certes, c’est de saison. Mais on espérait quand même mieux.

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Date de sortie 19 juillet 2017 (1h 53min) / De Edgar Wright / Avec Ansel Elgort, Kevin Spacey, Lily James / Genres Action, Policier / Nationalité britannique[CRITIQUE] BABY DRIVER de Edgar Wright
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