Une vraie blonde. L’agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s’associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.
Blonde ambition tour. Quand elle ne dit pas «Dior j’adore» en jetant ses bijoux par terre, Charlize Theron c’est quand même sept ans de ruptures de tons, entre Mad Max: Fury Road, Young Adult, Prometheus, Fast & Furious 8 ou l’improbable The Last Face. Vertige d’une carrière ou arrière goût chaos? Peu importe, on aime bien. Cet été, la voilà prête à imposer sa variante féminine de John Wick, signée par un boss de la cascade qui avait déjà posé plus ou moins ses pattes sur les deux volets du délire hard-boiled avec Keanu Reeves. On y retrouve en tout cas l’esthétique «shine bright like a neon» et les combats brutaux, persistant à retrouver la sauvagerie au cordeau du diptyque The Raid, tout en dissimulant l’héritage de la graphic novel dont il s’inspire (The Coldest City) dont il semble finalement trèèèèès loin. Avec son cadre totalement inhabituel pour un film d’action ricain (le Berlin 80’s en plein chute du mur), Atomic Blonde n’a rien de mieux à faire que de saborder ses intentions par un scénario platement alambiqué, où des espions s’espionnent et se pètent la gueule à l’occasion. C’est là qu’on regrette peut-être l’absence de prise de tête d’un John Wick. Résultat: Atomic Blonde n’est intéressant que de temps en temps, et se révèle finalement assez chiche en action. Une économie servant sans doute à faire monter la sauce jusqu’à ce faux plan séquence alternant tabassage de méchants russes dans les escaliers et poursuite en voiture. La virtuosité est au rendez-vous mais la performance semble bien vaine, un découpage traditionnel ayant très bien pu faire l’affaire. Mais bon, welcome in the 2010’s hein.
Si on compte les minutes à chaque apparition de James McAvoy, de moins en moins supportable de film en film, on peut toujours savourer la présence d’une héroïne badass en tête d’affiche, une Charlize folle des bains de glaçons, professionnelle du cold bitch face et accessoirement lesbienne, ce qui donne une jolie scène de galipettes avec Sofia Boutela qui, par contre, n’aura droit à aucune scène d’action. Au détour des ruelles d’un Berlin très Gotham City, Atomic Blonde n’échappe pas à la comparaison avec Baby Driver, l’autre blockbuster «cool» de la saison, puisque jouant aussi avec une b.o ipod du meilleur effet: question de goût, mais voir défiler Peter Schilling, Flock of Seagulls, Depeche Mode, Nena ou David Bowie, c’est quand même un poil plus excitant, et ça aide bien à relever une sauce à deux doigts de la fadeur.

