[CRITIQUE] ANOTHER EARTH de Mike Cahill

Pour peu que l’on aime les films-monde et les voyages cosmiques, Another Earth possède l’une des plus belles idées de cinéma au monde (l’apparition d’une Terre jumelle dans le ciel, terre des possibles et d’une nouvelle existence). Plus encore que Melancholia, de Lars Von Trier, l’argument du film louche  vers Tarkovski période Solaris et Kieslowski, en particulier La double vie de Véronique pour l’existence de deux mondes parallèles (l’un tangible, l’autre pas). Hélas, faute de moyens, le réalisateur Mike Cahill ne se hisse jamais à la hauteur des promesses mélancoliques de départ et utilise ce sujet original de science-fiction comme d’un prétexte pour un drame humain sur la rédemption. La poésie ne fonctionne que par intermittences (la réunion de deux étoiles éteintes) et les enjeux sont tellement prévisibles que l’on a une heure d’avance sur le déroulement, si bien que l’on ne comprend pas pourquoi le cinéaste perd autant de temps à les développer. En fait, il mise trop sur l’imagination du spectateur sans rien lui donner en retour. Le potentiel (énorme) est rapidement réduit en miettes par l’incapacité à surprendre et le filmage estampillé Sundance presque décrédibilisant. Reste l’actrice principale : incroyable Brit Marling, planète à elle-seule, qui croit fort en ce qui l’anime. Sa présence discrète, sa fragilité de poupée fêlée, son visage blême et son regard perdu restent ce que le film possède de plus précieux et de plus beau.

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