[CRITIQUE] ALPS de Yorgos Lanthimos

Après « Canine », Yorgos Lanthimos creuse la veine du beau-bizarre avec ce nouveau film au sujet formidable, au traitement équivoque et aux accidents heureux. Non sans roublardise, il revendique une fois de plus l’héritage des surréalistes : les personnages ne sont que des écorces jusque dans leur fonction – compensation sexuelle, objet inanimé au repas, communication mutante. En surface, « Alps » ressemble à un assemblage de saynètes a priori disparates et digressives. En substance, Lanthimos autopsie un monde en crise où les sentiments se marchandent, où les personnages se métamorphosent, où les couleurs sont mortes et où, par-dessus tout, les motivations les plus intimes – de l’égoïsme à l’avidité – s’expriment au détriment de l’utopie collective.

Beaucoup risquent de se demander pourquoi le cinéaste grec ne présente pas plus équitablement tout le groupe des A.L.P.S. et met en valeur le personnage de l’infirmière. En fait, c’est logique: c’est à partir de sa mauvaise action que tout le système révèle sa perversité et les bonnes intentions de se retourner contre elles-mêmes. Difficile de ne pas y voir une allégorie. D’autant qu’il y a un enseignement et une morale à ce conte névrosé : lorsqu’une règle est transgressée, impossible de faire marche-arrière. En revanche, il est toujours possible d’évoluer. C’est la lumière au bout du tunnel, comme le sous-entend assez joliment la scène finale.

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