[CRITIQUE] 5 EST LE NUMÉRO PARFAIT de Igort

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Peppino Lo Cicero, ex-tueur à gages de la Camorra est fier de son fils qui gravit les échelons du crime organisé. Cependant, lorsque celui-ci est froidement assassiné, il reprend du service accompagné de son ami, Toto le boucher. Leur quête de vérité va déclencher une spirale de vengeances et de trahisons dans les clans mafieux du Naples des années 70… Il est rare qu’un auteur de bandes dessinées adapte – à la fois en tant que scénariste et réalisateur – son propre univers sur grand écran. Il faut dire que si on assiste parfois à de bonnes surprises (Les petits ruisseaux de Pascal Rabaté en 2010), la gène face aux différents exemples connus est majoritairement de mise (L’amour propre ne le reste jamais très longtemps de Martin Veyron en 1985, Sin City: j’ai tué pour elle de Frank Miller et Robert Rodriguez en 2014). 5 est le numéro parfait d’Igort se situe quelque part au milieu, ni raté ni totalement abouti. On est d’abord ébloui par l’esthétique de l’œuvre, proche du graphisme originel, et dont la transposition, «des planches vers la pellicule», gagne encore en sublime. En résulte une expérience visuelle comme le 7ème Art ne nous en avait pas proposé depuis belle lurette, avec moult séquences particulièrement détonnantes. Ne serait-ce que pour cette raison, donc, le métrage vaut largement le coup d’œil. Ajoutez à cela la performance de Toni Servillo, magistral comme souvent (Gomorra, La grande bellezza, Silvio et les autres…), et l’on croit – un temps – assister à un des films majeurs de l’année. Las, le mélange des genres (thriller, drame, comédie…) ici ne fonctionne pas toujours, et, très vite, le rythme finit par plomber l’ensemble par manque d’une rigueur certaine. Dommage. G.B.

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