Et on se prend la maiiiiin. À 16 ans, Tim est un jeune homme timide, brillant, et doté d’un talent sportif naturel. Mais la pression qu’il subit le poussera jusque dans ses derniers retranchements, là où les limites humaines atteignent le point de non-retour.
Remember me. Vous vous souvenez de ce clip où Xavier Dolan mettait en scène, et ce dans un très beau noir et blanc, la chanson College Boy d’Indochine et dans lequel Antoine Olivier Pilon, la révélation de Mommy du même Dolan, était martyrisé par ses camarades de classe, finissant cloué au pilori? Si oui, sachez que Yan England aussi. Du coup, sa seule idée pour son premier long métrage, c’est de nous proposer le clip en version extra large de 1h46 avec la même thématique du bullying et le même acteur principal. Hélas pour lui et pour nous, il n’est pas Dolan et ce qui pouvait passer le temps d’un clip passe mal sur un long métrage très étiré.
Non pas qu’un tel sujet mérite notre froide indifférence et notre apparente ironie, loin de là, mais pas avec cette esthétique poseuse sur une telle durée, pas avec des personnages *oh-c’est-trop-cool-les-films-de-Gus-Van-Sant* aussi fonctionnels, pas avec des messages aussi clignotants et surtout pas avec de tels clichés sur la maltraitance/l’ostracisme à l’école. Pour que les chevilles de tout le monde dégonflent un peu, on ne saura trop conseiller Despues de Lucia (Michel Franco), vrai uppercut autrement plus réaliste et plus dérangeant que cette chichiterie.

