« Come to daddy » avec Elijah Wood: de la bonne horreur à twists en Blu-ray

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Norval Greenwood (Elijah Wood) débarque dans la maison isolée du père qu’il n’a jamais connu. Une fois là-bas, il découvre que son ivrogne de paternel a un lourd passé secret qui va les rattraper tous les deux. Du cinéma affreux, sale et méchant qui sort en Blu-ray chez ESC distribution.

Depuis qu’il n’est plus Frodon dans Le seigneur des anneaux, on connaît l’appétence assez amusante d’Elijah Wood pour le cinéma de genre, de son passage chez Alex de la Iglesia (Crimes à Oxford) en passant par ses prestations dans Maniac, Cooties, Open Window, Grand Piano… Son statut de producteur avec SpectreVision n’ayant probablement pas arrangé les choses. Le voilà donc en tête d’affiche de Come to Daddy, dont la situation de départ vaguement malaisante rappelle un certain Tusk: vieille peau chelou vs millenial, on arrive. Malgré ses 40 ans au compteur, Wood en fait toujours 25, et peut se permettre d’interpréter sans problème ce DJ urbain qui part retrouver son père qu’il n’a pas vu… depuis ses 5 ans! Le vieux grigou s’est enfermé dans une villa improbable au beau milieu de nulle part, faisant cavaler son fiston sur un territoire sauvage aux allures de planète crépusculaire. Et les voici ensemble, hagard, lui l’hipster fragile et l’autre, le boomer squelettique (Stephan McHattie, incommodant à souhait), épave alcoolique qu’on a bien du mal à replacer dans le paysage. Les retrouvailles sont peu chaleureuses, le ton monte, et on se demande vraiment si ces deux-là ont des choses à se dire.

Mais comme on a pu le voir dans What keeps you alive, il serait idiot de vous dévoiler l’issue du récit, qui bifurque là aussi au bout d’une demi-heure… et puis encore, et encore, et encore. On peut dire, sans gâcher l’expérience, que les retrouvailles familiales virent au survival qui tâche, avec ce qu’il faut d’éclairs ultra-violence (une scène d’auto-defense/pétage de plomb devenu un passage obligé dans le genre… mais d’une brutalité tout de même assez sidérante!). Le décor principal, qui ne cesse de révéler d’autres facettes insoupçonnables, réussit à donner une allure de cauchemar éveillé à une chasse à l’homme qui ne révolutionne rien (on préfère plutôt quand il verse dans une paranoïa moribonde tenant autant des Coen que de Polanski), mais aime bien se tracasser à grands coups d’humour bizarre et de failles crado, guère étonnant quand on connaît le passage de Wood et du réalisateur Ant Timpson chez SpectreVision (ils ont produit The Greasy Strangler, de Jim Hosking, ça laisse forcément des séquelles). J.M.

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