Débuté ce vendredi, Cinéma du Réel est de retour pour une 46ᵉ édition comme toujours à cheval sur trois sites parisiens: Centre Pompidou, MK2 Beaubourg et Forum des Images.
Parmi les choses identifiées dans le copieux programme: Imperial Princess de Virgil Vernier, où le cinéaste de Mercuriales donne la parole à une fille d’apparatchik russe coincée à Monaco après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Jean-Charles Hue dévoile les dessous documentaires de ses films pour une masterclass et une rétro intégrale baptisée Là où le corps et l’esprit chancellent. James Benning, figure essentielle du cinéma indépendant américain (le père de Landscape Suicide, qu’on connaît peu sous nos gauloises latitudes) sera, lui aussi, présent, tout comme la mystérieuse cinéaste allemande Claudia von Alemann, hidden icon de la contre-culture qui filma aussi bien les délires expérimentaux du festival de Knokke-le-Zoute que les turbulences parisiennes de Mai 68, ou ces Black Panthers pourchassés par le FBI et contraints de trouver l’exil dans la bouillonnante Alger des sixties…
Découvert à la dernière Berlinale, Direct Action de Guillaume Cailleau et Ben Russell nous embarque à Notre-Dame-des-Landes pour capter le quotidien d’une des plus importantes communautés d’activistes de France (Shellac évoque sur son nouveau site flambant neuf les noms de Wiseman et d’Akerman). Mentionnons aussi le synopsis sympa de Boolean Vivarium de Nicolas Bailleul, qui voit, dans un lieu isolé, deux zigotos créer un jeu vidéo où l’on observe le pourrissement d’une maison qui rappelle étrangement la leur. Le fardeau d’Elvis Sabin Ngaïbino raconte de son côté l’histoire d’un couple très religieux vivant avec un lourd secret, puisqu’ils sont tous deux malades du sida…
Noté 8.5/10 sur IMDB (!), Soundtrack to a Coup d’Etat de Johan Grimonprez entremêle jazz et politique dans un docu de 2h30 d’archives qui sent bon le banger énervé: « Avec l’indépendance du Congo en toile de fond, le film associe vague d’indépendance africaine, mouvement des droits civiques aux États-Unis et guerre froide, avec l’arme la moins conventionnelle des États-Unis: le jazz ».
Nous y serons!
