Charles Burns réagit sur « Black Hole » s’il était adapté au cinéma : « J’aimerais être surpris »

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L’été dernier, l’auteur de BD Charles Burns était invité au Festival du Film Fantastique de Neuchâtel (NIFFF) en tant que membre du jury de la compétition officielle. Il reste réputé pour Black Hole que ses fans espèrent voir adapté au cinéma depuis des années. Pour Chaos, il revient sur les multiples projets d’adaptation de ce roman graphique d’une noirceur et d’une beauté inouïes.

Certains de vos albums ont fait l’objet de tentatives d’adaptations au cinéma, comme Black Hole. Vous avez été approché pour participer à ces projets?
Charles Burns: Pas vraiment. Il y a eu tellement de scripts et de possibles metteurs en scène pour Black Hole. Je ne sais pas où ça en est actuellement, mais ça fait des années que ça dure. Si j’essayais de garder un certain contrôle ou de m’impliquer dans l’écriture de ces adaptations, je sais que ce serait un gigantesque exercice de frustration. Aujourd’hui, je contrôle à peu près ce que je fais, des couleurs à l’impression. Je crois que le seul contrôle qui m’échappe, c’est celui que je laisse à l’éditeur, qui met le papier dans l’imprimante. C’est ce que j’apprécie beaucoup dans mon activité: si je rate mon coup ou si je produis quelque chose qui n’est pas intéressant, j’en suis le seul responsable. C’est ma création, je n’ai personne à blâmer. Alors qu’au cinéma, ça peut partir dans n’importe quelle direction sans qu’on n’y puisse rien. Je n’ai jamais voulu être impliqué dans une adaptation.

Mais vous pouvez imaginer ce que ça pourrait donner sur un écran?
Comme tout le monde, j’aimerais être surpris par quelque chose que je n’aurais jamais imaginé. Je crois qu’on n’a pas besoin d’une adaptation littérale. Ça pourrait être en noir et blanc, bien que ce ne soit pas nécessaire. Et ça n’a pas besoin d’avoir lieu dans les années 70 non plus. Je sais à quoi tout ressemblait à ce stade. Le cerveau est câblé d’une façon différente lorsqu’on a 17 ou 18 ans, et je me souviens des émotions de cet âge également. Ce que je trouve gratifiant de la part des gens qui réagissent positivement à Black Hole, c’est leur diversité: quel que soit leur genre, leur âge, leur nationalité, leur culture, il y a toujours quelque chose auquel ils sont sensibles. Par exemple, une noire américaine de 20 ans, étudiante aux beaux-arts, m’a dit qu’elle s’était dessinée avec une queue! Il y a quelque chose qui dépasse mon propre milieu d’adolescent blanc de classe moyenne, qui a grandi dans les années 70. Ça parle à des gens variés, ce qui est très agréable. Mon intention était de raconter une histoire qui soit fidèle à ce que j’ai connu.

Ça vous chagrine si Black Hole n’est jamais adapté au cinéma?
À l’heure actuelle, je suis loin de ce genre d’état d’esprit. Quand j’étais gamin, on me disait «Tu aimes les comics? Tu dois faire de l’animation pour Walt Disney!». C’était un point de vue très adulte: il y a des comix pour les journaux, il y en a pour les enfants, mais au cinéma, c’est dans l’animation que se trouve l’argent. Et je sais que certains dessinateurs aimeraient bien que leurs albums soient adaptés à la télé, parce que leur situation financière s’en trouverait améliorée. C’est un métier difficile.

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